Que cache la participation de Hend Sadi au SILA ?

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CONTRIBUTION (Tamurt) – Le salon international du livre d’Alger abritera un colloque international de trois jours intitulé « Le sourcier des convergences civilisationnelles universelles », consacré à un des acteurs majeurs de la culture algérienne au XXe siècle et auquel une trentaine d’universitaires algériens et étrangers sont conviés. Cet événement s’inscrit dans le sillage du centenaire organisée par l’Algérie en hommage à l’écrivain kabyle Mouloud Mammeri.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, de son vivant, l’auteur de la « colline oubliée », était interdit d’animer des conférences dans les universités de Kabylie ! Ayant compris que les symboles de la Kabylie servent naturellement les mouvements autonomistes qui les assument entièrement et fièrement, le pouvoir algérien a changé de stratégie et tente, honteusement, de récupérer ce pilier de la littérature berbère, afin de redorer son blason, lui qui arrive à peine à mobiliser 10% de l’électorat algérien.

Mais la surprise est dans la présence de plusieurs figures de proue du combat identitaire, connues pour avoir rejeté dans le passé toute participation sous le portrait du Président Abdelaziz Bouteflika. Les voilà, hélas, changer le fusil d’épaule et accepte de participer, toute honte bue, à une mascarade qui s’inscrit dans le cadre des redéploiements politiques en perspective du 5ème mandat.

Parmi ceux qui prendront part à cette forfaiture maquillée en événement culturel, il y’a Hend Sadi, qui n’est autre que frère cadet de Said Sadi. Il aura à prononcer une allocution de 20 minutes le samedi 4 novembre 2017, pour apporter, ainsi, sa modeste contribution à ce carnaval « inculturel ». Sous le thème « Un intellectuel Kabyle dans le siècle » le co-auteur de « Tusnakt s wurar » assume, ainsi, sa proximité avec les caciques du pouvoir, qu’il avait quitté au lendemain de la démission du RCD du gouvernement de Abdelaziz Bouteflika en 2001.

Officiellement le professeur de mathématique, Hend Sadi s’est retiré du parti en 2011, mais les militants avertis savent qu’il est resté fidèle et très engagé pour la promotion de Said Sadi qui ne ménage aucun effort pour retrouver son statut d’antan, quand il faisait la Pluie et le beau temps en Kabylie. D’ailleurs, sur ce plan il n’arrête pas d’envoyer des signaux au pouvoir en faisant savoir qu’il est le seul rempart de l’unité nationale face aux menaces du MAK.

Lors des marches du 20 avril, il se distingue à chaque fois, en portant des drapeaux algériens dans un carré
loin des marcheurs du RCD qui, eux, sont contraint de manifester avec des drapeaux amazigh. Pour montrer sa disponibilité à soutenir le 4eme mandat en 2014, Said Sadi n’a pas hésité à se faire diffuser sur la chaine arabo-islamiste Ennahar, qu’il a tant décriée, sans que personne ne s’en offusque ! Quelques jours plus tard, il charge son ex protégé, Noreddine Ait Hamouda, de le défendre sur les plateaux de la même chaine suite aux accusations de Samail Mira.

A ce titre, l’intervention de Hend Sadi à la 22 eme édition du Salon International du Livre d’Alger ne peut être qu’une tentative, parmi tant d’autre, des frères Sadi dans le but de séduire le pouvoir en ce moment où les souverainistes dominent la rue en Kabylie. Une chose est certaine, l’intervention de Hend Sadi sous l’effigie de Bouteflika est une première.

Par Said Ait Medjkane