Du Canada à Tawrirt Moqran

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Chronique Tamuɣli n Da Amar (Tamurt) – Arrivée, fatiguée et surtout déçue du Canada, Na Wizna n At Dwala, a tenu à passer un moment de détente avec sa famille avant de reprendre ses activités militantes. Na Wizna aime bien jaser avec sa petite fille de 13 ans, Dihya. Une occasion de lui inculquer l’amour de la patrie kabyle et de perfectionner ses connaissances en informatique.

Il faut dire que la petite Dihya est une « reine » de l’informatique. Sa grand-mère croit profondément que l’avènement de l’État kabyle, permettra à la nouvelle génération d’exceller dans divers domaines. Elle espère que ces jeunes ne gaspillent plus leur énergie dans le  »quémandage », les lamentations, les marches et les pétitions. Il seront tout simplement eux-mêmes, c’est à dire des Kabyles. La représentations folkloriques de notre Peuple par la danse du ventre, le couscous oriental, la poterie et accoutrements, comme une tribu indienne, seront chose du passé.

Na Wizna espère que la République de Kabylie permettra à la génération de Dihya d’innover et de créer des sociétés comme celles de Mark Zuckerberg, de Larry Page et Sergueï Brin.

La Kabylie prospérera grâce à l’intelligence de ses enfants et non pas de l’or noir ou plutôt des excréments du diable comme l’avait qualifié un fondateur de l’OPEP, le président vénézuélien Juan Pablo Pérez, avant sa mort en 1979. Le pétrole n’est or que pour la famille d’Hugo Chavez et les progénitures de Chakib Khelil, Amar Saidani et Abdeslam Bouchouarib .

Na Wizna a décidé, en outre, de prendre des cours d’anglais et de s’intéresser davantage à la culture anglo-saxon. Son voyage au Canada lui a ouvert les yeux sur la place de cette langue dans le monde moderne. Contrairement à la rhétorique des « intellectuels  » kabyles de pacotille, la langue française n’est pas si vivante ou si internationale qu’on essaye de nous le faire croire. Atteinte de métastases ravageuses du complexe du colonisé, une certaine génération de lettrés kabyles, ne jure que par la langue des concepteurs des bureaux arabes en Kabylie malheureusement.

Na Wizna a bien sûr gâté sa famille de petits cadeaux. Toutefois, à l’inverse des Algériens qui remplissent leurs valises de tonnes de verroteries, elle aime voyager léger. Du sirop d’érable pour sa fille Linda, un globe terrestre lumineux pour Dihya et une bouteille de Jack Daniel’s pour soulager les maux de tête de son gendre Azwaw.

Très vive, Dihya a immédiatement remarqué l’absence de la Kabylie sur le globe terrestre. Ça ne saurait tarder répondit Na-Wizna. On y travaille fort, d’ailleurs je dois me rendre demain à Tawrirt Moqran.

Accompagnée d’un groupe de femmes, Na Wizna a pris la route n At-Yirathen. Partie d’At-Dwala Talemast (centre), elle traversera les villages de Taddart Oufella, At-Yidir fief du MAK où elle aperçoit justement un immense drapeau Kabyle, Ighil Mimoune, Tamaghouche, At-Ali-Wali, At-Bouali et Tala Khllil.

Arrivée au niveau de barrage Taqsavt, elle remarqua que son niveau d’eau est appréciable comparativement aux semaines précédentes. Bonne nouvelle somme toute. Cependant, elle a vite déchanté en se rappelant que cette eau ne profite guère aux habitants de Kabylie.

Le village de Tawrirt Moqrane, lieu de la rencontre du MAK, a été quadrillé par les forces de répression algériennes. Des dizaines de janissaires venus des contrées lointaines, ne parlant même pas la langue du pays kabyle, essayent, en vain, d’intimider les gens et de perturber l’action pacifique du mouvement souverainiste kabyle.

Le meeting du MAK à Tawrirt Moqran est une réussite totale. En féministe convaincue Na Wizna croit que l’État kabyle de demain se construira grâce à l’apport des femmes et des hommes kabyles. La femme kabyle ne sera pas cette potiche qu’on honorera le 8 mars symboliquement, mais jouera un rôle de premier plan dans toutes les institutions de la République de Kabylie .

En plus d’une présence féminine remarquable, grâce entre autres au travail de Na Wizna et de plusieurs militantes du MAK, le village de Tawrirt Moqran s’est embelli en ce vendredi 8 avril 2016 des couleurs nationales kabyles. Pour donner une solennité et une caution (Lanaya ) à l’activité de la famille patriotique kabyle, un appel (Averah n taddart) a été fait au public pour annoncer l’événement.

Après le village d’At-Zellal à Mekla, c’est au tour de Tawrirt Muqran de renter dans l’Histoire, la vraie, pas celle des « gladiateurs berbères » des salons de l’hôtel de ville de Paris.

Na Wizna est sortie galvanisée de ce meeting. Les paroles d’espoir de Bouaziz Ait-Chebib, Hocine Azem, Da Mohand-Wamar Hachim, ont mis du baume à son cœur. Sa mésaventure canadienne, le carnaval de la fédération  »Amazigh » d’Amérique du Nord,  BRTV et Amara Benyounès, sont oubliés. Malgré l’arrestation de 6 militants nationalistes kabyles, Lanaya n At-Yirathen, a eu le dessus sur les combines et les intimidations des régents d’Alger et leurs vils larbins locaux.

Avant de renter à Larba n At-Dwala, Na Wizna et ses amies ont fait une escale au village At-Atelli. Une occasion pour rendre hommage et se recueillir sur la mémoire d’un grand parmi les grands, Da Moqran Agawa.

Par Amar At-Ali-Usliman