Célébration du cinquantenaire d’indépendance à Tizi-Ouzou : Hocine Aït Ahmed, Abane Ramdane et Krim Belkacem ignorés par le pouvoir

14

TIZI-OUZOU (Tamurt) – La fête de l’indépendance est célébrée en grande pompe avant-hier soir à Tizi-Ouzou par les autorités militaires, le wali et toutes les directions de cette région de Kabylie ont été conviées à prendre part à une longue parade. Des photos et des posters de toutes les personnalités politiques qui ont marqué l’histoire de l’Algérie ont été exhibées. « Ils ne manquent que les repentis-terroristes de Bouteflika qui ne sont pas exposés. D’ailleurs on se demandent pourquoi ils ont été oubliés puisqu’ils sont reconnus comme des héros de la nation », ironise un habitant de Tizi-Ouzou. Toutes les institutions militaires qui ont défilé ont été huées par les jeunes de Tizi-Ouzou. Ils n’ont applaudi que les services de la protection civile.

Cependant, et c’est ce qui est remarquable, à l’exhibition des photos des héros de la révolution, il n’y avait aucune représentant les héros Kabyles. Hormis Amirouche Aït Hamouda et Mohand Oulhadj, légèrement représentés, les personnalités Kabyles ont été ignorées.

Aucune photo du signataire des accords d’Evian n’a été montrée. Krim Belkacem, l’homme qui annoncé la fin de 132 années d’occupation répressive française, tué par la Sécurité Militaire alégrienne à Frankfurt en 1970, est passé inaperçu.

L’Homme qui a fondé l’état algérien et qui a fédéré toutes les forces politiques du pays pour une seule cause, lui aussi, tué par les membres de clan d’Oujda, est comme si il n’avait jamais existé pour le wali de Tizi-Ouzou et ses relais.

Même Aït Ahmed, première victime de racisme algérien, enviné de l’Organisation Secrète en 1949, n’est pas évoqué. C’est lui qui inscrit pour la première fois dans l’histoire l’affaire algérienne à l’ONU en 1956. Lui qui était derrière l’idée de la création du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, est complètement ignoré. Pourtant le président de l’assemblée populaire de Tizi Wezzi, d’obédience FFS, s’est installé entre le commandant de la gendarmerie nationale et le wali, sur l’estrade conçue spécialement pour l’evènement.

Toute cette hypocrisie, ce mépris et cette marginalisation n’ont qu’une seule explication: La Kabylie est sortie du joug colonial français pour tomber entre les mains d’un autre colonisateur, celui de arabo-islamique. Ce dernier est pire que le précédent.

Youva Ifrawen

COMMENTER

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici