Célèbration du Printemps Amazigh à Munich avec Djamila Amzal

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Célèbration du Printemps Amazigh à Munich avec Djamila Amzal
Célèbration du Printemps Amazigh à Munich avec Djamila Amzal

MUNICH (Tamurt) – Lyazid Abid, membre fondateur de l’Association Amitié Allemagne-Kabylie (DKF) a présenté Mme Djamila Amzal au public allemand. Il a rappelé qu’elle est une artiste très appréciée par les kabyles. Elle a joué le rôle principal dans deux grands films d’expression kabyle « la Colline oubliée » (1994) et « la Montagne de Baya » (1997). Elle a également joué dans « Si Mhand u M’hand, l’insoumis » (2004) avant de se mettre de l’autre côté de la camera pour produire son propre film « Le tuteur de Madame la Ministre » (2004).

M. Lyazid Abid a rappelé au public allemand l’origine du Printemps Amazigh. Devant un public nombreux et curieux, Mme Djamila Amzal a démontré aux allemands combien les lois en vigueur en Algérie sont rétrogrades. L’actrice et réalisatrice kabyle a soulevé le problème de la discrimination de la femme dans le code de la famille. Son film illustre un ensemble de contradictions et d’absurdité que l’Algérie indépendante a imposé aux femmes.

« Le tuteur de Madame la ministre » raconte les déboires d’un couple à la recherche du tuteur matrimonial de la future épouse en vue de l’autoriser à se marier. Le public allemand a bien compris que le Code de la Famille algérien tient la femme au rang de mineur à vie.En l’infériorisant par cet acte, et en la subordonnant à l’homme on met un boulet à la société, qui n’a d’autre tâche que de ralentir son développement et son épanouissement. Ce film poignant a suscité un grand intérêt de la part du public. La réalisatrice Djamila Amzal très émue a su répondre avec tact aux questions des allemands choqués par ces lois scélérats car d’un autre âge. Djamila Amzal a retracé l’origine de ce code infâme. Elle a signalé que le code de la famille en vigueur depuis 1984 est inspiré de la charia.

A la fin de cette rencontre très instructive et fructueuse, Lyazid Abid a précisé que c’est afin de contre carré les revendications kabyles, de liberté et de démocratie que le pouvoir algérien a instrumentalisé les islamistes. Il a ajouté que la Kabylie rejette ce code honteux et que cette instrumentalisation n’empêchera pas l’émergence des Kahina, des Fadma N’Soummer et des Taos Amrouche. Il a clôturé le débat en disant : « La Kabylie a définitivement décidé de se débarrasser de toutes ses chaines et œuvre pour sa liberté à l’image des dernières manifestations du 20 Avril 2013 dans les principales villes kabyles Bougie, Tizi-Ouzou et Tuβiret ».

De Munich, Mila Ighil Larba