Centenaire de Mouloud Mammeri : « La colline oubliée » introuvable en Algérie

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ALGÉRIE (Tamurt) – Au moment où le pouvoir algérien fait mine de commémorer le centenaire de la naissance de Mouloud Mammeri, en grande pompe, on constate sur le terrain que l’un des célèbres romans de l’écrivain d’Ath Yenni, à savoir « La colline oubliée » est introuvable sur les étals de toutes les librairies.

On a beau chercher ce roman adapté au cinéma par Abderrahmane Bouguermouh, en vain. Ceci se passe au moment où les relais du pouvoir algérien ne cessent de chanter les grands mérites de Mouloud Mammeri. Il ne s’agit en réalité que de discours creux et populistes. Autrement, pourquoi ces mêmes responsables ne font aucun effort pour que les œuvres de Mouloud Mammeri soient disponibles sur le marché du livre. D’ailleurs, « La colline oubliée » n’est pas la seule œuvre du chercheur kabyle à ne pas être disponible. C’est le cas aussi de « Tajerumt n tmazight » (grammaire amazighe) qui n’a pas été rééditée depuis les années quatre-vingt-dix. On ne trouve non plus aucune trace du livre « Inayas Cheikh Mohand », publié la première fois à titre posthume et à compte d’auteur.

Ils sont ainsi drôles les hommages que rend le pouvoir algérien à certains hommes de culture comme celui en cours à Mouloud Mammeri depuis le 1er janvier 2017. En plus de cette anomalie, il y a lieu de rappeler que le pouvoir algérien n’a jamais débloqué aucun sou afin de traduire vers tamazight les œuvres de Mammeri. Aucun des quatre romans de Mouloud Mammeri (La colline oubliée, L’opium et le bâton, La traversée et le Sommeil du juste) n’a été traduit vers tamazight. Au lieu de cela, le Haut Commissariat à l’Amazighité, sensé promouvoir tamazight a traduit récemment un roman du Ministre algérien de la culture, l’arabo-baathiste Azeddine Mihoubi ainsi qu’un roman du Ministre de la communication Hamid Grine. Deux romans dont le contenu n’a aucun rapport avec l’amazighité, en plus du fait d’être des livres écrit par des auteurs dont le talent n’a jamais salué par la critique.

Tahar Khellaf