Centre culturel d’Azazga : Le pouvoir refuse de le baptiser au nom de Mohia

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Mohia
Mohia

AZAZGA (Tamurt) – Le dramaturge Mohia Abdellah, plus connu sous son nom d’artiste Mohand Ouyahia, fait partie de la liste noire du régime politique algérien concernant les hommes de culture kabyles indésirables. Le nom de Abdellah Mohia est donc sur la même liste noire que Slimane Azem, Bessaoud Mohand-Arab, Taos Amrouche, Matoub Lounès, Jean Amrouche, Fadhma Ath Mansour Amrouche…

C’est ce qui explique pourquoi le pouvoir algérien refuse de manière catégorique d’attribuer le nom de Mohia Abdellah à un édifice public important. L’établissement culturel le mieux indiqué pour ce faire est bien entendu le centre culturel d’Azazga, réalisé à coup de milliards il y a quelques années. Mais les décideurs ont refusé de donner une réponse favorable à ce que le nom de Mohia Abdellah figure sur le fronton de cet établissement culturel de la deuxième plus grande ville de la wilaya de Tizi Ouzou.

Pourtant, il y a quelques années, des écrivains, des poètes, des universitaires et des militants du Mouvement Culturel Berbère (MCB) avait lancé une pétition pour défendre le projet de donner le nom de Mohia à la maison de la culture d’Azazga, en vain. Il est clair que le pouvoir algérien ne tolère, dans son giron, que les hommes de culture qui lui ont de tout temps rendu service, directement ou sournoisement. Le pouvoir algérien n’a pas en odeur de sainteté les artistes libres dont Mohia Abdellah est un exemple incontestable.

Durant toute sa vie, il a refusé de se compromettre ni avec le pouvoir ni même avec les hommes politiques kabyles qui se sont avérés, avec le temps, qu’ils étaient les larbins du même pouvoir. Mohia a vécu libre. Il est mort libre. Ce qui déplaît aux gouvernants algériens, allergique à toute notion de liberté et n’admirant que les « hommes de culture » dociles, surtout quand ils applaudissent à chaque fois qu’on le leur demande. Mohia, applaudir le pouvoir ? Une blague de mauvais goût…

Tarik Haddouche