Ces arabophones qui défendent la cause des Kabyles !

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SOCIÉTÉ (Tamurt) – Des arabophones de différentes régions d’Algérie défendent la cause Amazighe en général et celle de la Kabylie en particulier. C’est une réalité. Ils ne sont pas nombreux, certes, mais ils existent. Tamurt.info a pris contact avec de jeunes algériens afin de leur demander leur opinion vis-vis de quelques questions liées à la cause Amazighe. Des étudiants, des fonctionnaires, des chômeurs et quelques militants politiques arabophones n’ont pas caché leur position en faveur envers les libertés culturelles et linguistiques des Kabyles.

« La culture Amazighe ne se limite pas seulement à la langue. C’est notre identité. Tamazight est une richesse culturelle qu’il faut impérativement préserver. C’est une richesse qu’il faut exploiter comme on exploite les richesses de notre sous-sol. Il n’y a que les renégats et les incultes qui renient leurs origines. Nous sommes fiers de notre Amazighité et de notre civilisation », ces phrases n’ont pas été prononcées par un Kabyle ou un berbérophone de l’Afrique du nord, mais par une jeune étudiante arabophone de la ville de Constantine, fief des arabisants. Elle s’appelle Nawal et étudiante constantinoise qui reconnait n’avoir jamais milité pour la cause Amazighe, mais affirme que c’est une honte pour tout le régime algérien de bannir ainsi la langue et la culture Amazighe.

« Je ne sais pas comment un chef d’état ose dire à son propre peuple qu’il doit voter pour reconnaître sa langue. C’est une honte pour lui. », dira Nawel qui dit aussi vouloir apprendre ou moins à parler ou à comprendre la langue Tamazight.

Hamid, un jeune pharmacien de Tiaret lui aussi est de cet avis. Lui, pose le problème tel qu’il est. « Si vraiment on considère les Kabyles comme des frères, pourquoi le reste de peuple algérien ne soutient pas ce peuple opprimé dans sa cause. Ceux qui revendiquent l’Autonomie ou même un Etat Kabyle ont raison. C’est une vérité. Les Kabyles ont été trahis en 1962 par leur marginalisation par le clan de Oujda. Mais je suis sûr que ce peuple va relever le défi tôt ou tard », dira le jeune pharmacien.

D’autres personnes arabophones approuvent aussi cet avis. « Je souhaite bon courage à Ferhat Mhenni, même si je ne partage pas certains points politiques avec lui, mais je pense qu’il est le seul politicien algérien qui n’a jamais glissé sur la planche de l’opportunisme. A mon avis, les Algériens n’ont jamais pris le soin d’écouter ou de comprendre Ferhat, Matoub, Saïd Sadi… C’est ça le comble. Nous écoutons juste ce que chantent le pouvoir et sa télévision, c’est pour cela que l’on a jamais compris les Kabyles », nous a déclaré Nassim, lui aussi de la région de Tiaret.

Toutefois, bon nombre des arabophones n’ont pas caché leur opposition envers la culture amazighevoire même leur haine. Ils sont nombreux malheureusement.

Saïd F