Ces écrivains kabyles qui ne vont jamais au Sila

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KABYLIE (Tamurt) – Aujourd’hui aura lieu à Alger, au niveau de la Safex (foire d’Alger), l’ouverture officielle du salon international du livre qui réunit chaque année plus de 1 million de visiteurs (2 millions selon les organisateurs) ainsi que des milliers d’écrivains, toutes langues confondus.

Il va sans dire qu’on ne peut réduire à néant l’intérêt que joue un tel événement culturel malgré le fait que, dans un certain sens, il est utilisé exagérément, à des fins politiques. Ne dire que du mal sur un tel événement culturel serait synonyme de tirer sur une ambulance. Il est évident qu’il ne s’agit pas du tout d’un événement culturel indépendant mais d’une activité culturelle officielle à tous points de vue. Toutefois, le salon du livre d’Alger ouvre incontestablement des brèches à beaucoup d’opportunités dans le domaine de la littérature et du livre de manière générale. Ce qui pousse beaucoup d’écrivains de Kabylie à ne pas hésiter à s’y investir à fond en attendant bien sûr d’autres espaces culturels plus libre et autonome. Leur choix est respectable et quel sot pourrait prétendre le contraire ! Il y a en revanche une catégorie d’écrivains de Kabylie, écrivant en français ou en Tamazight, pour lesquels participer à ce salon du livre ne peut même leur venir à l’idée tant ils tiennent à leur liberté de pensée de manière jalouse.

Parmi les auteurs les plus prestigieux de romans, de nouvelles ainsi que de poèmes en kabyle, il y a bien entendu le monument : Amar Mezdad. Ce dernier reste fidèle à sa démarche qui consiste à ne jamais faire de concessions sur sa liberté d’écrivain et sur sa liberté tout simplement et de manière générale. Amar Mezdad n’est donc pas le genre d’écrivains qu’on pourrait croiser dans les allées du salon du livre d’Alger quand bien même il est l’un des plus grands et des meilleurs écrivains kabyles de tous les temps. Le plus prolifique incontestablement. Sur ses traces, le romancier Salem Zénia reste aussi un auteur qu’on ne risque pas de rencontrer au SILA. Autant que Younès Adli, qui écrit en français mais sur la Kabylie et la culture berbère. Younès Adli a toujours tourné le dos à cette activité officielle qui pourrait pourtant lui offrir l’opportunité d’écouler une grande quantité de ses livres compte tenu de leur teneur intellectuelle.

La liste est longue, celle des écrivains de Kabylie qui préfèrent rester à l’ombre en ces temps où on assiste, pantois, à la montée au créneau de toutes sortes d’opportunistes, de médiocres et de faux-écrivains qui se reconnaitront facilement. Et qui feront long feu bien sûr et fort heureusement.

Tarik Haddouche