Ces Kabyles qui veulent changer leurs prénoms

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KABYLIE (Tamurt) – Nombreux sont les citoyens Kabyles qui ne supportent plus leur nom ou prénoms. Certains l’ont même changé officieusement. La plupart optent pour des appellations d’origines Berbères. Changer son prénom administrativement est un véritable parcours du combattant. Il relève de l’impossibilité dans la plupart des cas.

Les autorités judiciaires obligent des pavés de documents, de jugements et les procédures durent des années. Une politique qui dissuade les citoyens à opter officiellement aux changements de leurs prénoms.

«Je m’appelle Souad, ce prénom me gêne énormément. Je regrette que mes parents m’aient choisi ce prénom. Je les comprends, ils n’avaient pas le choix étant donné que les noms d’origine Berbère sont interdits par l’état civil, mais ce n’est pas une raison de baisser les bras. Aujourd’hui je mène un combat avec le tribunal de Tizi-Ouzou pour changer mon nom. Je demande le prénom Cylia. C’est un prénom Amazigh qui n’est pas interdit », nous déclara une habitante de la haute ville de Tizi-Ouzou, qui exerce le métier de cardiologue.

Certes, les citoyens qui optent pour le changement de leurs prénoms ne sont pas nombreux, mais ceux qui ne sont pas à l’aise avec leurs prénoms d’origine étrangère sont nombreux. « Mon prénom Djabellah me gêne énormément. Il ne me convient pas. J’ai honte même de ce patronyme au point de ne plus le supporter. Mes amis et ma famille m’appelle ces dernier temps Ghilas mais moi je veux le changer même administrativement mais ce n’est pas évident », nous dira un jeune de Tizi Ghennif.

Nombreux sont les jeunes qui sont dans cette situation. Il faut attendre le début des années 1980 pour voir les parents opter pour les appellations berbères, mais à ce jour plus de 300 prénoms Amazighs sont toujours interdits par l’état civil, sous le motif qu’ils ne sont pas de la culture arabe. Toutefois, des prénoms d’origine arabes, européennes et même juives sont autorisées par les autorités algériennes, à l’instar de Sabrina, Lynda, Sarah,…pour ne citer que ces exemples, mais pas ceux qui ont une connotation amazighe.

« Je jour où la Kabylie aura son indépendance je demanderai à nos élus de procéder à faciliter le changement des prénoms pour les citoyens Kabyles qui le désirent bien sûr », nous dira Ghilas.

Farid M