CHEMINI : Rachid Ali Yahia anime un café littéraire

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CULTURE (Tamurt) – Dans un café littéraire animé à la bibliothèque municipale de Chemini, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Bougie, Rachid Ali a été l’hôte des Ath Waghlis pour une conférence-débat sous le thème : « Histoire, actualité politique et perspectives.» Le conférencier a tenu à rendre un vif hommage à tous les militants de la cause identitaire, notamment ses compagnons de route : Ouali Bennai et Laimèche Ali. « Le regretté Laimèche était l’un des premiers à se prononcer pour la cause berbère.

Malheureusement, la maladie l’a décimée à son jeune âge », corrobore Rachid Ali Yahia. Fort de sa longue expérience dans le mouvement national, l’orateur a pris le soin de relater en détail les prémisses de la crise dite ″Berbère″ de 1949. Dans le même sillage, l’avocat de formation s’est focalisé sur la situation qui prévaut actuellement dans le pays sous la demande de l’assistance. « La situation est grave. On assiste aujourd’hui à un recul tous azimuts, hypothéquant l’avenir du pays. La fin du colonialisme ne signifie pas la fin de l’oppression », déclare le conférencier.

Dans le même ordre d’idées, l’octogénaire tient à rappeler que la question de berbérisme était la pomme de discorde entre les pros et les anti-berbérisme. « Pratiquement, tous les militants qui se sont prononcés pour la cause identitaire étaient liquidés par la direction du comité central du PPA. Le seul rescapé de cette chasse à l’homme est moi », annonce R. Ali Yahia.

N’allant pas avec le dos de la cuillère, l’invité du café littéraire de Chemini a descendu en flammes les responsables politiques qui se sont succédé aux commandes du pays et qui ont ignoré superbement les réalités historique, civilisationnelle, linguistique et culturelle de l’Algérie. «En Algérie, il n’y a que des Berbères, mais il y a une communauté berbère berbérophone et une communauté berbère arabophone, refuser cette réalité c’est continuer à imposer au peuple l’aliénation nationale dont il est atteint» souligne-t-il.

Amnay