Cinq dossiers concernant les cadres du MAK envoyés auprès du procureur de la république

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KABYLIE (Tamurt) – Cinq dossiers concernant les cadres du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) sont envoyés auprès du procureur de la république par les services de la police de Tizi-Ouzou. Il s’agit de dossiers concernant Hocine Azem, Boussaâd Becha, Slimane Kadi, Rachida Ider et Bouaziz Ait Chebib. Aujourd’hui même, les 4 premiers cités se sont présentés à la sûreté de wilaya de Tizi-Ouzou, et ce en réponse à la troisième convocation que les services de police leur ont envoyés.

A noter que les convocations de la police sont entachées d’une grande irrégularité. En effet, les policiers n’ont pas mentionné l’objet de convocation. Ceci est tout simplement contraire à la loi mentionnant cette matière. Nonobstant cette violation flagrante de la loi, Hocine Azem, Boussaâd Becha et Slimane Kadi se sont, devons-nous rappeler, ce matin au siège de la sûreté de wilaya. Et ce n’est qu’à cette occasion que les destinataires des convocations ont appris de la part d’un officier de police que leurs dossiers ont été envoyés au procureur de la république. A noter aussi – et cela va de soi – qu’aucune de ces quatre dirigeants du MAK n’a pu prendre connaissance du contenu des rapports envoyés au procureur.  Il est à noter que le Président du MAK Bouaziz Ait Chebib ne s’est pas présenté aujourd’hui au Commissariat Central cependant la police a signifié aux cadres du MAK que  son dossier est également transmis aux services de la Justice algérienne à l’instar des autres cadres du MAK.

Cela parait aussi comme une violation du droit citoyen. Questionné par nos soins sur ce nouvel épisode, Hocine Azem a déclaré que lui et ses camarades ont agi dans le cadre du respect absolu des lois et conventions internationales que l’Algérie a ratifiées. « Nous sommes des militants pacifistes et activons, je le souligne encore une fois, en conformité absolue de ces textes internationaux que l’Algérie a ratifiés ; Autrement dit, nos actions et activités ne sont aucunement à inscrire dans un cadre hors-la-loi », poursuit Hocine Azem. Notre interlocuteur indique également que pas une de ces convocations n’est arrivée à son destinataire dans le temps. Mais au-delà de ces violations policières à l’endroit des militants et dirigeants du MAK, Il faut retenir que cette nouvelle répression, plus importante en degrés que les précédentes, à est à considérer comme une réaction de panique – donc instinctive –  d’Alger après justement que la grande famille militante et patriotique du MAK  eut réussi à inscrire, par le biais de son Gouvernement Provisoire Kabyle dirigé magistralement par Ferhat M’henni, sur le bureau des Nations Unies. En d’autres termes, la réaction d’Alger est semblable à celle de tout individu aux abois. Même un animal, aussi inoffensif soit-il d’ordinaire, réagit violemment quand il se sent menacé dans son dernier et ultime retranchement. Autant déclarer dès lors tout de suite : nos lendemains aussi lisibles et visibles qu’un page d’histoire bien écrite. Cela veut dire en termes crus qu’Alger est tout simplement en train de préparer le terrain de négociations de l’indépendance de la Kabylie avec le Gouvernement Provisoire Kabyle et le MAK.

Saïd Tissegouine