Le co-auteur de « Matoub Lounes, mon frère » est décédé

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CULTURE (Tamurt) – Noureddine Saadi, écrivain et romancier de renom, essayiste et co-auteur du livre biographique « Matoub Lounes, mon frère » est décédé mercredi dernier. Le regretté qui nous a quittés à l’âge de 73 ans, avait en effet écrit avec Malika Matoub, le livre « Matoub Lounes, mon frère », publié aux éditions Albin Michel de Paris en 1999, soit une année après l’assassinat du Rebelle, le 25 juin 1998.

Il s’agit d’un livre, où sous le récit de Malika Matoub, sœur cadette du poète assassiné, Noureddine Saadi narre sous un certain angle la vie et le parcours tumultueux et plein de courage de Matoub Lounes.  Dans ce livre, Malika Matoub et Noureddine Saadi, qui vient de nous quitter, évoquent la légende et la figure de proue de la revendication identitaire berbère en Algérie. Dans ce livre, Noureddine Saadi a su restituer de manière impeccable le long parcours de l’enfant terrible de la Kabylie, assassiné traitreusement le 25 juin 1998 près de son village, Taourirt Moussa, qui « est à l’image de son destin, tumultueux, tragique et passionné ». Haï par le système, ennemi public des islamistes, adulé par la jeunesse kabyle, frondeur et iconoclaste, Matoub Lounes a toute sa vie défendu sa langue, sa liberté, sa tradition, l’échange entre les cultures et la démocratie, c’est ce Matoub Lounes qui est décrit dans le livre de Noureddine Saadi, qui n’a jamais été édité en Algérie mais dont quelques exemplaires (quelques centaines) ont pu être vendus grâce à un importateur anonyme.

Comme précisé dans la présentation du livre, « la mort de Matoub, attribuée aux islamistes, laisse des zones d’ombre que sa sœur Malika, qui l’a toujours suivi dans ses combats et qui reprend le flambeau de la lutte, éclaire d’un jour nouveau ».  Noureddine Saadi est l’un des rares intellectuels à avoir osé écrire un livre engagé et vrai sur de Matoub Lounes aux cotés de Abderrahmane Lounes et Yalla Seddiki. Car même assassiné, Matoub Lounes fait toujours peur aux opportunistes et aux hypocrites ainsi qu’aux kabyles de services qui sont malheureusement très nombreux. La dernière fois que Noureddine Saadi a fait une sortie publique dans le cadre d’une activité culturelle de grande dimension, c’était lors du dernier Salon international du livre d’Alger en novembre dernier.

Tahar Khellaf pour Tamurt