Colloque sur « la liberté de conscience et de culte » à Akbou

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BOUGIE (Tamurt) – Dans son allocution d’ouverture, le représentant de la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), M. Said Salhi, dont l’organisation est initiatrice de la rencontre, en compagnie du collectif « forum de Kabylie » animé par l’ancien détenu des événements de 1980, Aziz Tari, a appelé les participants à « s’impliquer dans les débats et à se mobiliser pour briser les murs du silence, dénoncer les injustices de l’histoire et réfléchir ensemble de manière à converger dans leurs combats pour sortir de cet état de fait imposé à tous ». « Cette rencontre constitue un cadre de discussion et un espace de débat, où s’expriment la résistance et le refus de la soumission pour sortir du silence cette chape de plomb qui pèse sur les citoyens et apporter par la même occasion un soutien aux victimes de l’intolérance », a-t-il affirmé.

Dans la salle de délibération de l’APC, nombreux étaient ceux qui considéraient que le procès de lundi qui succède à celui d’Ain El Hammam ou encore la condamnation du jeune de Khenchela à deux ans de prison ferme pour « offense aux préceptes de l’islam » est la parfaite illustration des atteintes aux droits de l’homme et aux libertés individuelles. « Ces procès en cascade à l’encontre des non-jeuneurs ou encore la récente propagande distillée autour d’une soi-disant campagne d’évangélisation de la Kabylie, sont autant d’indices de la gravité des atteintes aux droits de l’Homme et du non-respect des libertés individuelles dans le pays en général, et dans notre région en particulier », a souligné un intervenant. D’autres ont préconisé l’ouverture d’un « débat serein et pluriel pour réaffirmer l’attachement de la Kabylie aux valeurs démocratiques et à un monde fondé sur la pluralité, la diversité et l’émancipation de l’homme ». Mais tous ont dénoncé « la campagne d’acharnement visant la destruction des valeurs traditionnelles de tolérance de la population avec cette mascarade de procès engagés à l’encontre des non-jeuneurs dans un climat alimenté par un discours d’intolérance et de haine ».

Sur les traces du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, il a été convenu la tenue d’un sit-in devant le tribunal le jour du procès.