Commémoration du 20 avril 2018: L’hommage de l’URK à Matoub Lounès

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Matoub Lounes

KABYLIE (Tamurt) – De son vivant Matoub Lounès constituait chaque année, l’épicentre incontournable et constant de la célébration du 20 avril ou du printemps kabyle. Les anciens se souviennent de ses galas impressionnants au stade « Oukil Ramdane » que le Rebelle animait, bien entendu, gratuitement.

On se souvient aussi que l’un des derniers 20 avril de sa vie, celui de son avant dernier printemps, le 20 avril 1997, Matoub Lounès, n’ayant pas pu se produire sur scène en Kabylie, a été marqué par un passage spectaculaire sur une chaine de télévision française où le Rebelle avait porté haut et fort le combat des kabyles et des berbères pour leur langue et culture ou tout simplement pour leur existence.

Depuis, son assassinat, il faut reconnaitre que le 20 avril n’a plus le même éclat. Même si, depuis l’émergence des indépendantistes kabyles, la mobilisation a repris de manière importante notamment durant cette journée à forte charge symbolique. On a eu même l’impression, à un certain moment, que même lorsque Matoub Lounès était évoqué par certains, c’était toujours sans faire référence ni même allusion au combat réel pour lequel il s’était battu et sacrifié. Mais lors de la marche du 20 avril dernier, les militants et sympathisants de l’URK (Union pour une République Kabyle) ont réhabilité de fort belle manière le combat de Matoub Lounès. En brandissant des centaines de ses portraits, les « URKistes » ont su redonner à Lounès Matoub la place qui est la sienne dans toute la Kabylie. Ceci est d’autant vrai que le combat de Matoub Lounès et celui de l’URK sont en phase. Les mêmes idées et idéaux sont partagés par les deux.

Le geste de l’URK envers Matoub Lounès, en ce 20 avril 2018, est à rééditer et à méditer pour ne pas laisser la place à ceux qui, depuis quelques années, tentent de « fabriquer » une image de Matoub Lounès qui est parfois aux antipodes du vrai Rebelle, à tous points de vue.

Tarik Haddouche