20 avril : Des documents écrits et photographiques témoignant et rappelant la dimension du monde kabyle

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Dans le cadre de la commémoration du 33ème anniversaire du Printemps 1980, le militant de la démocratie et la reconnaissance de la civilisation kabyle, M. El-Hachemi Touzène, expose, depuis une semaine dans l’espace du bureau communal RCD de Tizi-Ouzou, des documents écrits et photographiques témoignant et rappelant la dimension du monde kabyle.

La documentation est d’une richesse incontestable. L’auteur de l’exposition a pensé à satisfaire tous les goûts. En effet, pour les amoureux de l’histoire classique de la Numidie, leur curiosité intellectuelle trouvera réponse dans les portraits des rois numides avec les dates précises indiquant la période de leur règne. Avec les différents portraits exposés, même un néophyte de l’histoire peut avoir une idée générale sur cette période de l’Afrique du Nord d’avant l’arrivée des conquérants arabes, à leur tête, le tristement célèbre sanguinaire, Okba Ibn Naâfa.
Un autre tableau offre ses informations aux adeptes de l’histoire contemporaine, plus exactement sur les événements du printemps 1980 et leurs répercussions directes et indirectes sur l’environnement proche et lointain. En effet, la lecture ou la relecture des articles de presse de l’époque apportent encore le témoignage sur la réaction du pouvoir d’Alger suite à ces émeutes. La jeunesse d’aujourd’hui peut effectivement découvrir à travers cette exposition que le pouvoir d’Alger dont la devise était l’arabisme et l’islamisme à outrance a accusé Paris et Rabat d’avoir été derrière les émeutes kabyles de 1980.
D’autres articles, aujourd’hui de précieux documents archives, renseignent sur le pourquoi et le comment du Printemps berbère. Les tenants et les bénéficiaires du régime du parti unique avaient l’habitude de désigner « la main étrangère » comme bouclier contre les militants de la démocratie et la reconnaissance de l’identité kabyle. Et curieusement, l’élément temporel a fini par rétablir la vérité. En effet, le temps a fini par prouver que c’était ceux qui « dénonçaient la main étrangère » qui étaient des traîtres. Certains d’entre eux, encore ici-bas, continuent aujourd’hui encore à trahir. Cela veut dire que cette expression « la main étrangère » n’est pas si triviale que ça. Enfin, l’histoire continue à suivre son cours.

Notons enfin qu’en ce qui concerne directement l’action d’El-Hachemi Touzène, il y a lieu de retenir que son exposition porte également sur l’élément paysagique de Kabylie. Un spécialiste de la communication par voie photographique peut largement s’imprégner de l’identité architectural kabyle et, par ricochet, sur la mentalité et l’ordre sociologique des Kabyles.

Said Tissegouine

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