Commémoration du printemps amazigh à Marseille

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Tamazgha à Marseille

DIASPORA (Tamurt) – Le printemps Amazigh sera célébré cette année dans l’unité à Marseille. Un collectif d’associations kabyles/Amazighs des Bouches du Rhône s’est réuni au siège de l’association SFK le samedi  1/04 2017. A l’issue de la réunion ces associations sont parvenues à s’unir pour commémorer ensemble le printemps berbère de 1980 et le printemps noir de Kabylie de 2001. 

Elles ont ainsi décidé de faire un grand rassemblement  le 22 avril 2017 à 15h au vieux port de Marseille. Il s’agit de l’Association Franco-kabyle13 (AFK13),  l’association Monde Amazigh (AMA), l’association Provençale Amazigh (APA) et l’association Solidarité France-Kabylie (SFK). Ce collectif a produit ensemble une  affiche et un texte communs pour appeler  les Amazighs et tous les citoyens au rassemblement. Un groupe au nom du collectif  ainsi que l’évènement  sont également créés sur facebook.  Ci-dessous la déclaration de collectif : Les berbères, peuples autochtones d’Afrique du Nord, subissent une dépersonnalisation par la destruction de leur identité culturelle et linguistique. En avril 1980, c’est l’interdiction d’une conférence du grand écrivain kabyle Mouloud Mammeri qui est à l’origine de ce que l’on appellera le Printemps Berbère, un événement au retentissement international, qui a été à l’origine de l’éveil identitaire Amazigh dans toute l’Afrique du Nord. En 2001, une nouvelle révolte éclate en Kabylie. Elle est réprimée dans le sang par les forces armées de l’Etat algérien. On déplore 130 morts et des milliers de blessés et handicapés à vie. Ces deux évènements sont devenus des symboles et des repères pour tous les Amazigh. Ils sont commémorés en Afrique du Nord et dans la diaspora les 20 avril de chaque année. Les peuples Amazigh sont combattus par les régimes arabo-islamistes, ces derniers s’attaquent à leurs valeurs ancestrales de démocratie, de liberté de culte, interdites par l’idéologie arabo musulmane. En Kabylie, 37 ans après le printemps berbère, l’Etat algérien n’a rien oublié et n’a rien appris. Il continue d’agir comme un état colonial. Il vient d’interdire les conférences de Younes ADLI, Karim AKOUCHE et Kamel DAOUD. Les militants Kabyles pacifiques sont arrêtés, humiliés et soumis à de longs interrogatoires dans les commissariats et gendarmeries. Tous les projets de développement publics ou privés sont bloqués. Malgré une officialisation de façade, la langue berbère n’est  enseignée qu’à 5% d’élèves pour tromper l’opinion. Le déni identitaire est maintenant consacré dans la Constitution algérienne, qui fait de la terre de nos ancêtres, une Terre arabe ! Cela nous ne l’accepterons jamais ! La liberté de culte inscrite dans la constitution n’est point respectée puisque le citoyen Kabyle Slimane BOUHAFS a été condamné à 3 années de prison pour délit de conversion au christianisme. Toute critique littéraire de l’islam est sévèrement punie. Pendant le mois de ramadhan, les non jeuneurs sont systématiquement  arrêtés et emprisonnés dans les 5 pays d’Afrique du Nord. Dans le Mzab, le pouvoir algérien encourage l’assassinat des berbères. Le Dr Kamel-Eddine FEKHAR, leader des mozabites, ainsi que 19 de ses amis, sont emprisonnés depuis 2 ans sans aucune forme de procès. Il est actuellement mourant suite à une grève de la faim entamée il y a deux mois. Dans les Aurès, en pays chaoui, c’est la statue de la Kahina, le Jeanne D’Arc berbère, qui a été incendiée ! Au Maroc, les Rifains et les Chleuhs subissent eux aussi de violentes répressions de la part de l’Etat Makhzen. En Libye, les Ineffusen sont la cible de la nébuleuse islamiste et de DAESH. Dans l’Azawad, les Touareg sont en guerre contre le Mali pour recouvrer leur indépendance. Pour l’heure, la France préfère soutenir l’action de l’Etat malien et algérien. La salafisation, la wahhabisation des esprits et l’arabisation sont les objectifs primordiaux des régimes arabo-islamistes. A présent, ces idéologies moyenâgeuses sont également imposées en Europe, soit par le  multiculturalisme, soit par la violence.  Les manifestations de force par les prières de rue, les massacres de Charlie Hebdo, du Bataclan, de Nice en témoignent. Mais les Amazigh sont un peuple fier, ils ne cesseront jamais de se battre pour leur liberté. Nous nous inscrivons aujourd’hui dans la continuité de ces combats. Soyons nombreux au Vieux-Port de Marseille le 22 avril 2017 à 15h pour défendre notre identité et notre culture !

Au-delà de cette commémoration, ce collectif a décidé de travailler ensemble à l’avenir pour promouvoir la culture Kabyle/Amazigh dans les Bouche du Rhône,  pour défendre les valeurs républicaines et laïques menacées  en France et pour soutenir le peuple Kabyle dans son combat  libérateur du colonialisme Arabe Algérien.

Kader DAHDAH