Commémoration du printemps berbère : Aucun hommage aux militants de tamazight décédés ou assassinés

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KABYLIE (Tamurt) – Les conférenciers n’évoquent pas les noms des illustres Bessaoud Mohand Arab, Matoub Lounes, Haroun Mohand, Achour Belghezli et de tant d’autres grands Hommes, qui ont pourtant consenti d’énormes sacrifices pour tamazight, langue culture et identité.

Alors que les festivités commémoratives battent leur plein dans  toute la Kabylie, un constat pour le moins amer est à établir. Il s’agit du fait que, lors de toutes les conférences qui ont été animées jusque-là notamment par les anciennes figures de proue du Mouvement culturel berbère et d’autres animateurs plus jeunes, personnes n’a pensé à rendre hommage ou citer un ou plusieurs militants de la cause berbère qui ne sont plus de ce monde mais dont l’apport à la cause est incommensurable. Sans ces hommes courageux et exceptionnels, tamazight n’aurait jamais fait les avancées qui sont les siennes actuellement. Aucun hommage n’a, en effet, été rendu, par exemple, à l’un des fondateurs de l’Académie berbère, Bessaoud  Mohand Arab. Or, qui peut nier le rôle déterminant joué par l’Académie berbère dans la prise de conscience par rapport à la langue et culture amazighes en Afrique du Nord. Le nom de Matoub Lounes n’a été cité à aucun moment par les mêmes animateurs. Matoub Lounes qui a défié le pouvoir dictatorial de Chadli Bendjedid et qui a fait, à lui seul, ce que plusieurs générations de militants auraient pu faire. Matoub qui a payé de sa vie son combat puisqu’il a été assassiné le 25 juin 1998.

Pour rappel, Matoub est le seul chanteur à avoir composé tout un album sur les événements du printemps berbère d’avril 1980. D’autres noms d’honorables militants ont été sciemment éludés des discours comme Achour Belghezli, un journaliste assassiné en 1996 et qui était l’un des vingt-quatre détenus du printemps berbère. Les autres détenus qui ne sont plus de ce monde ont aussi été oubliés  ainsi que Mohand Haroun et de tant d’autres. On ne parle pas non plus des millions d’élèves et d’étudiants kabyles qui ont observé la grève du cartable en 1994/ 1995 au prix d’une année de leur vie… C’est à se demander à quoi servent ces commémorations ? Est-ce pour rendre hommage à ceux qui se sont sacrifiés ou pour parler de soi-même afin de satisfaire des égos souvent surdimensionnés et parfois aigris.

Tahar Khellaf pour Tamurt

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