Kabylie : insécurité et inquisition

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KABYIE (Tamurt) – L’insécurité, en Kabylie, a atteint son paroxysme. Les kidnappings, les feux de forêt et les disparitions de citoyens se multiplient alors que l’État algérien mobilise ses services de « sécurité » pour réprimer la population pour assurer sa protection.

En une semaine, un cas d’enlèvement et trois cas de disparition ont été enregistrés en Kabylie. Le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) a tiré la sonnette d’alarme dès le le début de cette terreur orchestrée par le pouvoir algérien et apporte son entière solidarité aux victimes et leurs familles.

La population s’est encore substituée à l’Etat algérien en se mobilisant pour la libération des victimes. Cet élan de solidarité qui incarne la kabylité nous rappelle à quel point la Kabylie, dans les moments difficiles, ne compte que sur elle-même.

Le MAK appelle le peuple kabyle à préserver ses valeurs séculaires ancrées dans l’universalité afin de juguler toutes les tentatives pour son extinction.

Sur le plan des libertés, la situation s’aggrave sans cesse. Samedi 19 juillet, le pouvoir a lâché sa meute pour réprimer le rassemblement pour la liberté de conscience auquel a appelé un collectif de citoyens de Bougie.

Parmi cette voyoucratie étatique qui a agressé les premiers manifestants arrivés sur le lieu du rendez-vous, figure la directrice de la maison de culture Taous Amrouche.

Des voyous de tout genre : repris de justice, salafistes, commis de l’Etat algérien … ont agressé sous la protection de la police algérienne des manifestants pacifistes, ce qui confirme une fois de plus que l’Etat Algérien est théocratique et obscurantiste.

Cet acte barbare d’un autre âge et contraire à la morale kabyle nous interpelle sur la nécessité de recouvrer les espaces publics usurpés par le pouvoir et ses vassaux locaux.

Les libertés démocratiques sont ainsi de plus en plus bafouées et muselées devant le mutisme de la société civile et les organisations partisanes beaucoup plus préoccupées par la gestion des carrières que par les questions des droits de l’homme.

Ce nouveau forfait qui s’ajoute aux kidnappings confirme le caractère despotique et raciste du régime d’Alger.

Le MAK est solidaire avec les citoyens agressés et considère que cet acte est déjà en soi un déni de droit. Un pouvoir corrompu qui est incapable de poursuivre en justice ceux qui ont dilapidé les deniers publics, et qui est prompt à utiliser des hordes islamistes criminelles pour agresser des citoyens innocents est disqualifié et coupable de crime contre l’humanité.

Un avenir de tolérance, de paix et de progrès n’est possible que dans le cadre d’un Etat kabyle démocratique, laïque et social

Le peuple kabyle, épris de liberté et inébranlable sur sa dignité, son salut passe impérativement par l’exercice de son droit à l’autodétermination.

Kabylie, le 20 juillet 2014

Fatiha Rahmouni, Secrétaire Nationale aux droits humains