Communiqué : « L’URK ne se trompe pas d’ennemi »

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La répression en Kabylie
La répression en Kabylie

KABYLIE (Tamurt) – Nous assistons ces derniers temps à une montée de violence inquiétante en Kabylie. L’Etat algérien ne semble avoir aucune retenue dans ses dérives répressives et extrêmement violentes envers les militants kabyles. L’approche des présidentielles algériennes de 2019, la lutte des clans au pouvoir et la peur d’une Kabylie qui échappe au strict contrôle d’Alger, exacerbent l’agressivité des services de sécurité algériens. Ces derniers se comportent, de plus en plus ouvertement, en agents coloniaux en territoire conquis.

Le 24 mai, le jeune blogueur, Merzoug Touati, est condamné à 10 ans de prison ferme pour avoir osé publier un article dévoilant en filigrane l’hypocrisie du régime algérien vis-à-vis de ses pseudos-ennemis et c’est lui-même qui est accusé d’ « intelligence avec l’ennemi ».

Des centaines de supporters de la JSK, parmi eux des souverainistes kabyles, ont été arbitrairement arrêtés à Alger. Ils ont subi, de la part de la police algérienne, des pratiques racistes dignes des méthodes ségrégationnistes nazies. Ils vont comparaitre devant la « justice » les 10, 11,12, 13 et 14 juin prochain.

Des émeutes ont éclaté à Tazmalt suite à l’empêchement par les services répressifs algériens de la pose d’une plaque commémorative à la mémoire des martyrs du Printemps noir, assassinés, pour rappel, par ces mêmes services répressifs, à savoir la gendarmerie algérienne.

A Freha, les services algériens ont réprimé les citoyens du village d’Ajerrar. Ils sont jugés coupables  de vouloir sauvegarder la vocation agricole et traditionnelle de leur village. Ajerrar constitue un bassin laitier très important, ce qui n’est pas du goût des divers trafics de la mafia politico-financière algérienne. Cette mafia ne cherche qu’à préserver ses intérêts crapuleux  au détriment de l’intérêt de la population du village.

Mourad Bouzidi, porte-parole du comité de soutien aux travailleurs de Cevital, a lui aussi osé prendre la défense des salariés d’un groupe économique vital pour la Kabylie. Il est condamné en première instance à trois mois de prison avec sursis et à 20 000 dinars d’amendes.

De jeunes citoyens et militants kabyles sont arbitrairement privés de leurs passeports et de la liberté de circulation en raison de leur activisme, ou de leur soutien aux souverainistes kabyles,  résolument pacifiques, alors qu’Ali Belhadj, idéologue en chef du terrorisme islamiste en Algérie et chef spirituel des hordes barbares qui ont assassiné près de 250 000 personnes, est de nouveau libre de prêcher dans les mosquées.

Et enfin, comme à chaque période de Ramadan, la gendarmerie algérienne multiplie les descentes punitives pour fermer de force les cafés et restaurants ouverts, symboles de la liberté de conscience en Kabylie.

Face à cette violence, l’URK appelle à la vigilance, condamne avec force le comportement criminel de l’Etat algérien et le tient pour seul responsable de toutes dérives sanglantes en Kabylie.  L’Union pour une République Kabyle lance également un appel urgent à l’ensemble des forces vives de la Kabylie pour se mobiliser face à ces exactions récurrentes qui visent à entraîner le peuple kabyle dans une nouvelle ère de violence pour permettre au régime colonial algérien d’intensifier la répression et d’unifier les clans qui s’affrontent à son sommet contre l’ennemi commun qui n’est autre que la Kabylie, souffre-douleur du régime colonial algérien. Nous rappelons que l’Etat algérien est de nature violente et qu’il se maintient au pouvoir par la gestion de la violence.

Conscient de la tradition pacifique du combat libérateur kabyle, l’URK appelle ses militants, ses sympathisants et tout le peuple kabyle à opposer à la violence de l’État algérien la solidarité avec toutes les victimes de l’arbitraire, la mobilisation de toutes les énergies positives et de s’investir  dans un militantisme responsable.

L’URK ne se trompe pas d’ennemi. Ce ne sont pas les Kabyles qui sont nos ennemis mais l’État algérien qui cherche à anéantir notre peuple. Ce à quoi, l’URK lui oppose son pacifisme actif et la clarté de son but stratégique qui est l’indépendance de la Kabylie. L’URK se démarque des appels à la violence que nous considérons comme du pain béni pour l’Etat algérien et ses généraux. Les schémas classiques d’accession aux indépendances des années cinquante et soixante sont surannés et unanimement condamnés par la communauté internationale. L’URK se démarque aussi de ceux qui nourrissent encore l’espoir que par habileté politique l’Algérie les reconnaîtrait, alors que cette dernière entretient des relations toxiques avec la Kabylie.

Notre mouvement a résolument  opté pour une stratégie réaliste de libération, conforme  à la culture de notre peuple et à l’évolution des luttes indépendantistes contemporaines. Il reste fermement convaincu que les voies de lutte pacifique et modernes sont les seuls moyens efficaces pour  garantir la liberté et la prospérité du peuple kabyle.  Toute tentative de glissement vers la violence, ferait perdre à la Kabylie  son capital de prestige et de sympathie acquis au prix de longues années de lutte et de sacrifices.

Œuvrons, toutes et tous, pour l’avènement d’une République kabyle démocratique, sociale et laïque. Engageons-nous dans la voie de la raison et épargnons à nos enfants tout dérapage vers la violence duquel l’État algérien a la certitude de sortir vainqueur. Notre Mouvement place sa confiance dans le peuple kabyle. Il a la ferme conviction que la Kabylie finira par triompher de toutes les injustices qu’elle a subies et continue de subir.

Nous sommes convaincus que la République kabyle, démocratique, sociale et laïque verra le jour et nous sommes tenus de ne pas compromettre sa réalisation en tombant dans les pièges que l’Etat algérien ne cesse de nous tendre.

Vivement la République Kabyle!

Union pour la République Kabyle (URK)