Conférence de Ali Feraoun à Tizi Ouzou
Tous les livres de Mouloud Feraoun traduits en arabe, pas en tamazight

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Conférence de Ali Feraoun à Tizi OuzouTous les livres de Mouloud Feraoun traduits en arabe, pas en tamazight
Mouloud Feraoun

KABYLIE (Tamurt) – C’est le  fils de l’écrivain de Tizi Hibel qui a confirmé jeudi que tous les livres de Mouloud Feraoun (romans, journal, nouvelles et chroniques) ont été traduits récemment en langue arabe et édités également.

Lors d’une conférence qu’il a animé en compagnie du fils de Ali Hamoutène, l’une des autres victimes de l’attentat de l’OAS le 15 mars 1962, Ali Feraoun a révélé qu’en tamazight seuls « Jours de Kabylie » et « Le Fils du pauvre » ont été traduits et publiés. Ce qui a suscité une vive colère de l’auteur de livres en tamazight Abdennour Abdesselam, présent dans la salle. Ce dernier, lors des débats a alors interpellé Ali Feraoun sur cette injustice qui fait que des romans qui parlent de la Kabylie et de sa culture et traditions ne soient pas encore traduits en tamazight.

Pour rappel, l’Etat algérien dépense de grandes sommes d’argents quand il s’agit de traduire des romans du français vers l’arabe et engagent spécialement des traducteurs compétents pour assurer cette tâche qui est très bien  rémunérée. Ce qui n’est pas le cas des livres en langue tamazight. Les deux œuvres de Mouloud Feraoun traduites en tamazight  sont le résultat d’initiatives personnelles prises par des auteurs de Kabylie ayant tamazight dans le cœur.

D’ailleurs, les deux traducteurs dont l’un est décédé, n’ont tiré aucun dividende matériel de ce travail qui, sans doute, a été très dure et de longue haleine. Ce n’est pas le cas des traducteurs vers l’arabe qui bénéficient d’avantages de toutes sortes sans compter des prises en charge totale durant la période où s’effectue le travail de traduction.

Sur un autre plan, faut-il rappeler que Mououd Feraoun reste l’un des écrivains kabyles les plus marginalisés par l’Algérie puisqu’aucune institution d’envergure ne porte son nom. Dans la wilaya de Tizi-Ouzou, il n’y a qu’un collège qui porte son nom.

Lyès Medrati