Conférence de Ferhat Mehenni à Montréal sur le Gouvernement provisoire, le GPK est le cheminement logique de l’histoire de la Kabylie

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MONTREAL (Tamurt) – Globe-trotter infatigable et déterminé, Ferhat Mehenni n’a pas cessé de parcourir les capitales occidentales pour faire entendre la voix de la Kabylie autonome.

La conférence de Montréal, tenue au Centre Afrika, est importante à plus d’un titre, car après Paris, cette métropole québécoise regroupe l’une des plus importantes communautés kabyles dans le monde. Une communauté appelée à jouer un rôle important à l’avenir dans le processus de reconnaissance de la Nation kabyle à l’étranger. Rôle dont elle s’acquitte déjà depuis plusieurs années avec constance et détermination, mais qu’elle renforcera dans le futur avec l’installation d’une représentation diplomatique du gouvernement kabyle.

À propos de la composante du gouvernement provisoire, Ferhat Mehenni en a gardé la divulgation pour le 1er juin, mais a parlé d’une dizaine de ministères, dont l’Éducation, la Justice et la Culture. Les critères de nomination des futurs ministres, tous membres de la diaspora sont basés sur la compétence, la formation, et l’engagement politique, car : « il n’est pas question de travailler dans la suspicion » dira le conférencier, parant ainsi à d’éventuelles tentatives d’infiltration de son gouvernement. Les ministres sont également originaires des différentes régions de kabylie. Quant aux femmes, elles seront naturellement bien représentées dans ce premier gouvernement kabyle de l’ère moderne.

Dans la même veine, Ferhat Mehenni a apporté une précision de taille en révélant que c’est à la suite de concertations étroites avec le Conseil national du MAK qu’il fut convenu de ne pas nommer de ministres résidents en Kabylie, ajoutant que son mouvement avait des raisons de craindre pour leur vie.

Au sujet des rumeurs distillées par les services algériens via la presse inféodée dont l’inénarrable Echourouk, le Président du MAK a balayé d’une pichenette ces allégations, mais a réitéré la détermination de son mouvement à œuvrer au rapprochement du peuple kabyle avec tous les peuples et gouvernement du monde y compris Israël et les pays arabes auxquels il demandera la reconnaissance de la Nation kabyle au moment opportun : « nous n’avons rien contre Israël ou les pays arabes » a-t-il affirmé, opposant ainsi un discours de tolérance et de paix à la haine sans limites de ses détracteurs qui ne cessent d’instrumentaliser le courroux séculaire des arabo-islamistes contre l’État d’Israël et par ricochet contre la Kabylie.

Cependant, Ferhat Mehenni a mis en garde de nouveau contre les tentations génocidaires du régime algérien, rappelant la volonté des Kabyles de se défendre, mais surtout le danger de radicaliser un combat qui demeure noble et pacifique.

À une interrogation concernant de possibles troubles contre le MAK émanant du FFS et du RCD sur la question de l’autonomie, Ferhat Mehenni a, de nouveau, tendu la main aux acteurs politiques kabyles, rappelant que le concept d’autonomie figure déjà sous d’autres appellations dans les programmes de ces organisations sœurs que sont le RCD et le FFS.

À ce titre, Ferhat Mehenni a exprimé sa solidarité avec Said Sadi suite aux attaques des clans du régime survenues à la publication de son livre sur le regretté Colonel Amirouche, coupant ainsi l’herbe sous les pieds de ceux qui travaillent à une guerre fratricide en Kabylie.

À la question ironique d’un homme qui voulait savoir si les kabyles étaient fait d’une pâte différente des autres algériens pour entreprendre un tel projet politique, l’intervenant a eu droit à l’hilarité générale et à la confirmation du conférencier.

Ferhat Mehenni aura eu le mérite de revenir sur la nature pacifique du combat libérateur du MAK et la détermination de ce mouvement à asseoir les fondements d’un État kabyle au bénéfice des générations actuelles et futures.

« Nous sommes un mouvement autonomiste et non indépendantiste », a rappelé Ferhat Mehenni à l’adresse des détracteurs de son mouvement, réduisant à néant leurs théories séparatistes.

À la fin de la conférence, Ferhat Mehenni s’est prêté à la séance photo traditionnelle avec les Kabyles de Montréal. Il a ensuite repris son bâton de pèlerin l’après-midi même pour les États-Unis d’Amérique.

Mohand Aksil