Conférence de l’écrivain kabyle Akli Kebaili en Allemagne

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HAGEN (Tamurt) – Le musée Osthaus de Hagen a organisé en novembre dernier une exposition intitulée „Les voies de la réconciliation, Germaine Tillion comme ethnologue chez les Chaouis en Algérie“. Dans le cadre d’une série de conférences, le musée a invité l’écrivain et politologue kabyle Akli Kebaili pour faire un exposé sur les évolutions politiques des pays de la rive sud de la Méditerranée (PRSM), et notamment de l’Algérie.

Le conférencier, qui fait son exposé en allemand, l’auditoire étant germanophone, dit d’abord quelques mots sur l’ethnologue francaise Germaine Tillion (1907-2008) qui a séjourné dans les Aurès de 1934 à 1940 pour étudier le mode de vie des Chaouis. Ensuite, il donne un apercu de l’histoire de l’Afrique du Nord et rappelle les invasions
(phénicienne, romaine, vandale, byzantine, arabo-musulmane, ottomane, francaise) auxquelles ont résisté les Amazighs (Berbères) qui sont les autochtones de cette partie de l’Afrique. Au bout de quelques minutes seulement, le public, très attentif, pose des questions et il continuera  à le faire à la fin de la conférence.

L’orateur aborde le „printemps arabe“ et stigmatise l’attitude des gouvernements occidentaux à  l’égard des révoltes populaires dans les PRSM, la qualifiant d’hypocrite. Ces gouvernements, selon l’orateur, fournissent des armes à des régimes dictatoriaux mais prétendent défendre les droits humains, alors que leur seul et unique objectif est la sauvegarde de leurs intérêts économiques. Le conférencier évoque le printemps berbère d’avril 1980, les émeutes d’octobre 1988, la  „décennie noire“ des années 1990 et le printemps noir de 2001.

Akli Kebaili rappelle la création en 2010 d’un Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) qui revendique désormais le droit de la Kabylie à l’autodétermination. Selon lui, il existe des  structures démocratiques séculaires en Algérie, et notamment en Kabylie, qui pourraient être  rénovées.

Pour faire face aux risques de dislocation qui menacent des pays de la rive sud de la Méditerranée, le politologue kabyle prône la création de Régions autonomes afin de respecter les spécificités  et les langues régionales. Il juge cruciale la solidarité des sociétés civiles occidentales à l’égard des forces démocratiques en Algérie avec lesquelles elles partagent les valeurs universelles de démocratie et de liberté.

Amar Khemnou