Conférence de presse de M. Boussaâd Boudiaf et du sénateur Mohamed Ikherbane du RCD : « Nous réitérons que nous sommes la première force politique en Kabylie »

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KABYLIE (Tamurt) – Les deux conférenciers, connus pour être passés comme « grands maîtres du verbe » se sont alternés tout au long du rendez-vous avec la presse pour passer en revue l’état actuel dans lequel évolue la campagne électorale, les aspirations et motivations de leur famille politique, les enjeux politiques en Algérie en général, particulièrement en Kabylie, les critères exigés de leurs candidats lancés dans la course électorale et tant d’autres faits et réalités ayant trait directement à leur parti dont leurs attentes de « leurs amis journalistes ».

Flanqué à sa droite par M. Akli-Ouali, tête de liste à l’APW, M. Boudiaf, juste après avoir annoncé « le véritable poids » de son parti dans la région, se lance dans une explication sur la manière dont ses camarades du parti ont mené jusqu’à maintenant la campagne électorale.

« Nous avons favorisé la campagne de proximité et nous avons touché tous les villages et hameaux de Kabylie », déclare le président des bureaux régionaux RCD de Tizi-Ouzou et Boumerdès tout en avouant que la campagne électorale n’a pas suscité l’engouement tant voulu et souhaité.

C’est à ce moment que le sénateur Mohamed Ikherbane intervient pour expliquer les raisons ayant fait que cet engouement « n’est pas palpable ».
Dans un discours qui tient tout d’un réquisitoire contre le pouvoir, ce « complice » de longue date de M. Boudiaf fait lecture d’un plan élaboré depuis longtemps dans les officines du pouvoir lequel a consisté à pousser le citoyen à se méfier de l’élu. « Le nouveau code communal privant de toutes ses prérogatives, l’institution élue est réduite à ne susciter que mépris et méfiance du citoyen », explique le conférencier pour jeter, une fois encore la pierre dans le camp du pouvoir qu’il accuse d’être « le principal responsable du climat délétère qui prévaut en Algérie en général, en Kabylie particulièrement ».

Les deux conférenciers qui ne cachent pas la menace pesant sur la démocratie la résument par « la primauté de l’administration sur l’élu ». M. Boudiaf ira jusqu’à faire recours à l’expression péjorative pour présenter le statut et rang du chef de daïra. « C’est 21+27 », le qualifie-t-il en prenant une feuille de papier de ce format pour répéter : « Un 21+27 prime sur un élu chez-nous alors qu’ailleurs c’est le contraire qui se passe ».

C’est également à ce moment-là qu’ils décident de révéler que le chef de daïra d’Azeffoun « a insulté ses administrés (les habitants de la daïra d’Azeffoun) en les qualifiant de « r’khas (bon à rien) » parce qu’ils ont l’habitude de voter et d’élire les candidats RCD ».

Le RCD a également sur sa liste « d’ennemis » certains médias. C’est le cas effectivement de la chaîne de radio locale, « Radio de Tizi-Ouzou ». « Pas une seule fois, Radio de Tizi-Ouzou n’a couvert une de nos activités pourtant nombreuses », s’insurge M. Boudiaf. « Pourtant, C’est nous autres du RCD qui avons insisté pour que cette radio voie le jour ici », ajoute-il avant d’énumérer les autres « défauts » dont est coupable ce média audiophone, tels que son générique « complètement débile », son changement d’appellation puisqu’elle devait s’appeler « Radio Djurdjura », etc.. « C’est pour toutes ces raisons que nous comptons sur vous amis de la presse écrite », signale le président des bureaux régionaux RCD de Tizi-Ouzou et Boumerdès.

Passant à l’autre volet de leur communication à savoir « la différence existante » entre le RCD et ses rivaux, le M. Boudiaf et le sénateur Mohamed Ikherbane notent que leur parti, non seulement a déposé le dossier complet (listes des candidatures) à la date officielle (le 10 octobre), contrairement à certains autres partis qui le 10 octobre à zéro heure ont déposé des dossiers vides pour ne les compléter, avec la complicité de l’administration que 15 jours plus tard mais aussi a dressé ses listes de candidats uniquement parmi ses propres cadres militants ».

« Dans ce bureau même, affirment les deux conférenciers, nous avons signifié à des personnes venues avec des listes que nous ne pouvions pas les accepter ». « Non pas, poursuit le M. Boudiaf, que nous doutions de l’honnêteté de ces personnes mais tout simplement pour la simple raison que c’était contraire à l’éthique de notre parti du fait que nous ne les connaissions pas ».

S’agissant de la question relative aux mesures d’urgence à prendre par les candidats du RCD en cas d’admission aux leviers de commandes, notamment au niveau du chef-lieu de wilaya, aussi bien du côté de M. Boudiaf que de celui du sénateur Ikherbane, la réponse est vite donnée : la reconsidération fondamentale de l’actuel plan de circulation qui est « une véritable calamité », la mise en application d’une solution définitive au problème des ordures ménagères et la relance de la politique de la véritable attraction économique ». « C’est en corrélation directe avec son statut de chef-lieu de wilaya qui est une vitrine que nous avons fait un choix méticuleux concernant la liste de l’APC de Tizi-Ouzou » a laissé entendre sur ce chapitre précis le sénateur Ikherbane.
Un autre membre de la famille politique du RCD, présent dans la salle de conférence, n’a pu s’empêcher de lancer à ce moment précis : « Le changement de la ville de Tizi-Ouzou est tributaire du changement à la tête de l’APC ».
C’est sur le programme des meetings du président du RCD, M. Mohcène Bellabès, que la conférence de presse a pris fin. Selon effectivement le M. Boussaâd Boudiaf, le premier responsable du RCD animera un bon nombre de meetings d’ici le 25 du mois en cours, date de la fin de la campagne électorale.

Rappelons à nos lecteurs que c’est uniquement les prochaines elections communales qui decideront qui du RCD, du FFS ou du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie, qui prône le boycott, est réellement la prremière force politique en Kabylie.

Il est à noter aussi que nos deux partis politiques, RCD et FFS, qui se veulent, contre vents et marées, partis nationaliste, redécouvrent leur dimension kabyle uniquement lors des élections.

N’est-il pas temps de tirer un trait sur le passé, d’accepter le diagnostic, de l’admettre et d’assumer sa kabylité pour une vision harmonieuse du futur.

Said Tissegouine