Conférence de Ramdane ACHAB : « La langue kabyle est menacée de disparition, seul son peuple pourra la sauver d’une mort programmée par les Services »

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CULTURE (Tamurt) – Invité du Café Littéraire de Bejaia, Ramdane ACHAB, auteur et éditeur, a fait connaitre la trentaine de publications que comptent ses éditions (ndlr. Éditions Achab) depuis leurs lancements en 2008.

Exposant les différents obstacles rencontrés dans son expérience d’édition, le conférencier accuse le pouvoir de leur mettre des bâtons dans les roues et dénonce l’opaque gestion des subventions accordées par le ministère de la Culture aux éditeurs.
Il poursuit avec les contraintes économiques qui l’empêchent de mener à bien son travail. L’éditeur exhorte les fortunés Kabyles à sponsoriser l’activité, seul moyen de contrer les blocages de l’Etat Algérien.

Les quelques dizaines de personnes dans l’assistance ont débattu des questions d’actualité, c’est-à-dire, l’officialisation de tamazight. Pour l’orateur le tamazight est « chargé » par les néologismes ce qui pousse les élèves à s’en « distancier » dès les premiers cours de berbère. »

Évoquant le printemps berbère, il s’intrigue devant le fait que le « bang de 80 » ait accéléré la revendication identitaire dans les pays nord-africains mais que l’Algérie soit à la traîne! Avant d’ajouter que «ce n’est pas par un simple article, dans la nouvelle constitution, que nous serons un meilleur peuple».

« La langue kabyle est menacée de disparition, seul son peuple pourra la sauver d’une mort programmée par « les Services ». Tout en insistant sur pacification de la lutte,  » aujourd’hui, on en a pas besoin d’un autre bain de sang comme celui du printemps noir 2001/2003-, la Kabylie a besoin d’une pause » dira-t-il.

Après près de 3 heures de débat, le café littéraire s’est clôturé par la vente-dédicace, dans le hall du Théâtre Régional de Bejaia Malek Bouguermouh, de deux auteurs accompagnant l’intervenant.

Ikhtus