Conférence-débat animée par le Pr Rachid At Ali Uqasi et Malika At 3amer à Akfadou

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conférence à Akfadou

AKFADOU (Tamurt) – Les infatigables militants de la cause identitaire, Rachid At Ali Uqasi (enseignant au O.C.D.S.B  »Ottawa Carlton-District-School Board » et membre de la fondation Tiregwa du Canada) et Malika At 3amer (enseignante au Canada) étaient les hôtes de la localité d’Akfadou. À l’initiative du conseil communal des jeunes d’Akfadou (CCJA) et de l’APC éponyme, une conférence-débat sous le thème « L’enseignement des mathématiques en langue maternelle à travers l’intégration des matières » est animée par lesdits universitaires.

La maison de jeunes d’Akfadou a abrité cet événement tant attendu par la population locale. Malika At 3amer a exposé l’une des techniques d’enseignement appliquées au Canada où elle exerce en qualité de professeur en cours primaires. En effet, la conférencière a axé son intervention sur le caractère interactif et ludique de l’enseignement visant à un apprentissage fluide des langues. L’enseignante a mené une expérience qui s’avère plus qu’intéressante dans sa classe de première année primaire où les élèves sont amenés à apprendre une langue étrangère en ayant à l’esprit que cela relève d’un cours distrayant. « En étant résidente au Canada, mes enfants ont eu une éducation multiculturelle. Le kabyle n’a jamais déserté notre quotidien. Nous avons fait notre possible pour inculquer à nos enfants les valeurs kabyles et la dimension culturelle et historique de notre identité. À travers des chansons, des poèmes, des contes…nos bambins se sont familiarisés naturellement avec leur langue maternelle », raconte la conférencière. « Je suis pour l’ouverture, mais pas au détriment de ma culture », conclut-elle.

Quant à l’animateur et enseignant de Tamazight, Rachid At Ali Uqasi, « Tamazight se doit d’avoir sa place parmi les autres langues, et qui n’a rien à leur envier. Des chansons de Slimane Azem, Ferhat Mhenni, Idir…sont autant d’éléments que nous avons d’apprendre à nos élèves afin de leur faire découvrir la richesse du patrimoine kabyle ainsi que la dimension humanitaire et fraternelle que véhicules ses chanteurs kabyles. Il faut en finir avec l’invasion arabo-baathiste qui gangrène notre société. Nous avons les capacités de transcender les clivages politiques et sociaux pour hisser au firmament notre identité, et par ricochet, notre langue. Les médias algériens et l’école algérienne sont un frein, voire instrumentalisés de telle sorte que Tamazight soit enterrée une fois pour toutes». Les deux conférenciers regrettent par ailleurs l’attitude abjecte et obscène du pouvoir d’Alger ayant fait des pieds et des mains pour fermer axxam n tmusni, une école alternative créée par Ahmed Amrioui à Ilewennisen du arch At Yahya Mousa (Tizi-Ouzou). Des initiatives comme celles entreprises par Dda Ahmed devraient être imitées afin d’offrir aux enfants kabyles de découvrir et redécouvrir leur langue maternelle jetée aux oubliettes par le régime algérien.

Amnay