Congrès Mondial Amazigh : Halte à la répression en Kabylie !

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Marche du 20 avril 2016

DIASPORA (Tamurt) – Bien avant les commémorations du 20 avril dernier, le pouvoir algérien avait mis en place une stratégie de répression tous azimuts à l’encontre du mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). Cela avait commencé par le déploiement d’un impressionnant dispositif répressif dans une tentative, en vain, d’empêchement de la tenue du troisième congrès du MAK, et s’est soldé par l’arrestation de plusieurs dizaines de militants du mouvement.

Depuis la grandiose mobilisation de la Kabylie lors des marches du 20 avril 2016, qui s’est clairement exprimée en faveur des revendications du MAK, le pouvoir Algérien semble désemparé. Ne pouvant jouer sur le terrain du mouvement, à savoir la mobilisation citoyenne, la présence continue de ce dernier et l’adhésion de plus en plus importante de la société kabyle en faveur du MAK, le pouvoir algérien change de stratégie, optant ouvertement pour la provocation afin de faire basculer ce dernier dans la violence, son terrain de prédilection. Les différentes répressions des actions citoyennes enregistrées ces dernières semaines, notamment celles entreprises dans le cadre des commémorations; de la journée du 14 juin 2001, qui avait vue s’abattre une répression sauvage sur plus de deux millions de marcheurs pacifique a Alger, et celles de l’anniversaire de l’assassinat du rebelle Matoub Lounes le 25 juin 1998, crimes a ce jour restés impunis, démontrent clairement ce choix du pire. En effet, que ce soit a Mekla , Larbaa Nat Iraten ou a Bougie , Tuβirets à At Dwala, et la toute dernière a Ath Wagnun où les forces de répression Algériennes ont procédé a l’arrestation du Président du MAK Bouaziz Ait Chebib , Farid Djennadi ,Nadir Chelbabi membres de la direction et d’autres militants.

Toutes les actions, pourtant pacifiques, initiées par les militants du MAK et parfois de simples citoyens ont été empêchées par la répression des services de sécurité Algériens sur ordre directement du gouvernement algérien. Le Congrès Mondial Amazigh (CMA) suit avec appréhension et attention ces nouveaux développements sur la scène politique kabyle, qui risque de faire basculer à tout moment l’ensemble du territoire kabyle dans la violence, condamne avec la plus grande fermeté ces répressions injustifiées du pouvoir Algérien contre un mouvement qui agit sur le terrain politique et de manière pacifique dans la légalité du droit international, notamment la déclaration universelle des droits de l’homme , le pacte international relatif aux droits civils et politiques et la déclaration des nations unies sur les peuples autochtones , pourtant toutes ratifiées par l’Algérie.

Il est pour le moins paradoxal que dans tous les commissariats de police Algériens soit affichée la déclaration universelle des droits de l’homme, et que ces mêmes policiers arrêtent quotidiennement des militants politiques pacifiques et des acteurs de la société civile qui ne font justement qu’exercer leurs droits garantis par cette dernière. Le Congres Mondial Amazigh exige instamment du pouvoir algérien de mettre fin à ces pratiques contraires aux conventions internationales, et rappelle à ce dernier qu’il ne peut se défaire continuellement de ses obligations internationales impunément. Le CMA ne manquera pas de saisir toutes les instances internationales chargées de la protection et de la défense des droits de l’homme ainsi que les autres ONG qui activent dans ce domaine. A cet effet, un rapport détaillé de toutes les violations commises sera transmis aux instances Onusiennes, Européennes et Africaines des droits de l’homme.

Paris, 12/07/2966 – 07/07/2016 P/le Bureau du CMA Kamira Nait Sid, Présidente