Conseil universitaire MAK-Bougie – Appel aux Universitaires kabyles

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Les revendications portées par les milieux politiques kabyles se figent dans une conception idéaliste appelée communément « Amazighe ». Celle-ci empêche l’émergence d’une vraie alternative pour le peuple kabyle.

Après les événements traumatisants de 2001, la rupture devient totale entre le peuple kabyle et le pouvoir. D’un colonisateur à un autre, la Kabylie n’a jamais eu un État qui lui soit propre, qui freinerait l’acharnement du pouvoir central qui s’entête à la dépersonnaliser par l’islamisation abusive et l’arabisation à travers l’école, la mosquée, et les médias.

Le quadrillage militaire de la Kabylie n’empêche pas paradoxalement une recrudescence du terrorisme, et plus dangereux encore l’apparition de nouveaux fléaux tels les rapts et les kidnappings.

En outre, la Kabylie victime d’un isolement économique qui s’illustre par l’absence totale d’infrastructures de bases, et l’inexistence d’une stratégie de développement, bien que notre région contribue aux gains de l’état par le versement de sommes colossales par voie de fiscalité.

De ce fait, le projet de l’autonomie de la Kabylie (PAK) s’impose comme seule et unique alternative pour mettre fin à cette crise, mais surtout pour doter la Kabylie d’institutions légitimes et représentatives qui prendront en charge ses préoccupations et attentes démocratiques, laïques et progressistes.
Universitaires kabyles !

Le constat est grave que nous ne pouvons pas rester indifférents et démissionnaires par rapport à notre devoir de citoyen. À cet effet, le CU-MAK-B appelle l’ensemble du corps universitaire à rejoindre massivement les diverses structures citoyennes et universitaires du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie.

Pour qu’il y ait une révolution dans la rue, il est impératif qu’il y en ait une dans les esprits. Les obstacles moraux infranchissables dressés devant nous par un fatalisme hérité de l’idéologie arabo-islamique, dont la fameuse supériorité des autres peuples et leurs civilisations à la notre, tout cela n’est qu’un conditionnement délibéré, inoculé par l’école Algérienne qui érige l’obscurantisme et le défaitisme comme mode de pensée.

Toutes ces atteintes à notre liberté ne peuvent être réparées que par l’instauration d’une autonomie qui consacrera un environnement exempt de toute violence et injustice qui redonnera espoir et propulsera même la Kabylie où on ne l’a jamais imaginée.

Nous universitaires kabyles avons le devoir de sortir et de briser ce cercle dans lequel notre histoire et notre avenir sont bloqués. Nous n’avons pas à prouver à qui que ce soit que nous sommes les êtres les plus courageux sur cette planète par des révoltes épisodique et stérile tous les 20 ans, nous devrons apprendre les méthodes tranquilles, nous mobiliser intelligemment et efficacement dans la perspective d’atteindre des objectifs préalablement établis. Le sentiment victimaire et cette rage ne servent finalement qu’à dégonfler une peau alimentée par des postures infécondes telles que Tirrugza, Nnif et Lherma qui n’ont aucune efficacité ni substance quand il s’agit de grandes questions collectives, où bien plus haut encore, quand il s’agit du destin d’un peuple.

Votre avenir et celui de votre progéniture tel que conçu et programmé par le pouvoir en place est de même nature que la sienne : arabe de langue et de culture, islamique de religion et esclave de statut.

Travailler quotidiennement et inlassablement sans aucune contrepartie à mobiliser et à sensibiliser les uns et les autres, tranquillement, calmement avec un sang froid et une connaissance précise de nos moyens existants et ceux qui restent à concrétiser à fin de redonner à l’université la place qui lui revient de droit et de devoir en l’occurrence la locomotive de la société kabyle.
Le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie vous appelle toutes et tous à rejoindre massivement la marche de notre liberté qui aura lieu le 20 avril 2010 à Bougie.

Itinéraire : Targa Uzemmur ——  Wilaya à 10 h : 30
Vive le peuple kabyle libre et autonome!