CNK : L’autonomie de la Kabylie est le salut de toute l’Afrique du Nord

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KABYLIE (Tamurt) – En d’autres termes, la faiblesse de notre peuple réside dans notre amour inconditionnel pour une Algérie qui ne nous reconnaît même pas.

Les printemps kabyles se suivent et se ressemblent à l’exception de ceux de 63, 80, 98, et 2001, qui ont
marqué son histoire par leur lot de terreur et de douleur.
Celui de 2001 ou printemps noir avec ses 128 jeunes assassinés, a été à l’origine de la prise de conscience
du peuple Kabyle de la nécessité impérieuse d’avoir son autonomie, qui est le seul et unique
moyen d’éviter sa disparition programmée par le pouvoir arabo-islamiste d’Alger

Au lendemain de l’indépendance, ceux qui ont confisqué le pouvoir par la force ont maintenu l’Algérie dans
une dictature féroce, ils ont anéanti toutes les ardeurs et les volontés du peuple, ce qui a entrainé le pays
dans la régression féconde d’aujourd’hui.

Le pouvoir postcolonial a reproduit sur le peuple algérien la même brutalité le même mépris et la même
hogra que celui-ci avait subi durant la période coloniale.
Le peuple algérien a beaucoup souffert de cette oppression, mais la Kabylie frondeuse en a davantage
subi, elle a été la cible constante des différents dictateurs qui se sont succédés aux commande du pays. Ils
ont utilisés tous les moyens ; la terreur les assassinats collectif, l’endoctrinement par l’école, la télé… pour la
dépersonnaliser.

Son patrimoine culturel et ses valeurs laïques ancestrales qui les dérangeaient devaient disparaitre pour laisser
place à une seule culture, une seule langue une seule religion et un seul peuple.

Le déni subi par les cultures arabe et berbère pendant la colonisation française s’est reproduit sur la
culture berbère depuis l’indépendance jusqu’a ce jour, à tel point qu’il nous était interdit de parler en Kabyle
dans les cours de récréation des collèges et lycée dans les années soixante 70et 80.

Le pouvoir s’est acharné sur la Kabylie en y interdisant tout investissement privé ou public, en
interdisant les subventions du PNUD ou les voyages à l’étranger aux maires kabyles, en fermant les
yeux sur les kidnappings.

Les différences culturelles arabes et kabyles ont même été utilisées par ce pouvoir pour opposer les peuples
algériens entre eux pour mieux régner. Notre pays qui devait être la locomotive de l’Afrique du nord vers
le progrès, à été réduit par ce pouvoir du fait de son soutien et de son encouragement au fondamentalisme
sous le prétexte de la réconciliation nationale, en un frein et une base arrière pour le terrorisme qui a
contaminé toute la région.

Ce pouvoir autoritaire a utilisé l’intégrisme religieux comme moyen d’éradication de la civilisation berbère, à
tel point qu’il a sollicité les wahhabites pour une islamisation acharnée de la Kabylie.

Cette production du fondamentalisme à échappé au contrôle des apprentis sorciers des laboratoires d’Alger
à tel point que la contamination a atteint les pays du sahel où les Touarègues qui vivaient bien du tourisme
doivent se convertir et devenir des employés de l’AQMI.

Ce pouvoir qui ne propose à la jeunesse algérienne que l’exil vers l’Europe à bord d’embarcations de fortune
au risque de leur vie ou le maquis, se permet le luxe d’imposer aux autres pays la manière de négocier avec
les preneurs d’otage terroristes. Ceci nous démontre qu’il bénéficie aussi de la complaisance de puissances européennes

La reconnaissance du peuple kabyle avec sa langue, sa culture et son identité serait une preuve de démocratie,
Ceux qui refusent encore de l’accepter, font preuve du déni et du refus de l’autre pour sa différence, donc ils
s’opposent de mon point de vue à la démocratie.

Les autonomies régionales et le fédéralisme qui sont appliqués dans certains pays ont favorisé leur
développement économique et ont assuré la protection des minorités et de leur culture.

L’autonomie régionale qui fait le bonheur des Catalans et des Espagnols en Espagne, qui fait aussi le
bonheur de Québécois et des Canadiens au Canada devrait être appliquée en Algérie pour faire aussi le
bonheur des Kabyles et des Algériens en Algérie.

Pourquoi ce qui est bon en occident est il haram (hérétique) en Algérie ?

L’autonomie n’est pas la séparation ou la sécession comme veulent le faire croire certaines langues mal
intentionnées, bien au contraire c’est une solution d’apaisement dans laquelle les rivalités linguistiques et
culturelles ne pourront se manifester que sur le terrain de l’amour,de l’amitié, du savoir et de la connaissance.

Ce n’est pas la différence qui est à l’origine des séparatismes mais c’est plutôt le rejet de cette différence qui
en est souvent la cause.

Si dans les sociétés occidentales, le multiculturalisme, les diversités religieuses et ethniques sont considérés
comme des atouts pour renforcer la cohésion sociale et des facteurs positifs pour le bon vivre ensemble,
force est de constater qu’en Kabylie le rejet et l’exclusion de l’autre pour des motifs religieux est une règle
que veulent imposer non seulement les terroristes et autre salafistes, mais aussi l’État algérien par ses
tribunaux d’inquisition, contre lesquels les militants du MAK se sont soulevés pour libérer des jeunes
Kabyles poursuivis pour délit de ne pas avoir jeûné pendant le ramadhan passé.

Ceux qui appellent au changement en Algérie sont sourds et aveugles devant le désir et la soif de la
Kabylie de son autonomie dans une Algérie plurielle, qui serait déjà un changement.

La Kabylie veut un changement dans lequel ses revendications légitimes soient clairement prises en compte,
à savoir une existence officielle avec sa langue sa culture et sa laïcité ancestrale.

La Kabylie refuse le changement où les Kabyles restent des sous-Algériens et des indigènes dans un système
politique qui rappelle tristement la colonisation.

L’octroi d’un statut d’autonome à la Kabylie est un préalable pour la démocratie en Algérie. Dans le cas
contraire, on ne fera que pérenniser les conflits et la haine qui rongent profondément ce pays, notamment
celui où la majorité exercera son diktat sur les populations minoritaires.

Désormais, le peuple Kabyle refuse de servir les causes qui ignorent son droit à une existence officielle, ses
aspirations à son autonomie ou d’être considéré comme objet de négociation au bénéfice d’intérêts étroits ou
personnels, ou encore moins à servir de chair à canon dans les règlements de comptes entre les différents
clans.

L’idéologie arabo-musulmane est d’essence raciste et xénophobe, son objectif principal est l’anéantissement
et la soumission des autres civilisations et peuples. Même si elle est en position de faiblesse, elle ne renonce
pas à son rejet et à sa haine de ce qui est différent d’elle.

Les occidentaux ne sont pas dupes et n’ignorent pas cette menace. S’ils ont fermé les yeux pendant des
décennies, ce n’est que parce que le danger n’était pas imminent. Aujourd’hui l’Europe et l’Amérique du
nord sont menacées par le fondamentalisme chez eux, leur réaction se traduit par ce qui se passe actuellement à travers ces révoltes contre l’oppression des dictatures.

A mon avis, il faut distinguer les révoltes populaires contre l’oppression des révoltes populaires pour la liberté
et la démocratie.

Ces dernières n’ont pas encore eu lieu. Si l’on admet que la liberté de conscience et de culte, inacceptable
dans l’idéologie arabo musulmane, est une condition sine qua non pour l’établissement de la démocratie, il est
fort à parier que ces révoltes pour la liberté se dérouleront certainement dans le chaos et les guerres civiles interminables.

Notre devoir avec le concours de tous les kabyles, est de mettre à profit le capital d’ouverture et de tolérance de notre région pour la prémunir de ces fitna et interminables guerres civile futures, en lui octroyant un statut autonomie, qui je pense sera un modèle à étendre au reste de l’Algérie.

Les États postcoloniaux implosent de l’intérieur un par un, ils entrainent la chute de leur dictature par l’effet domino, les peuples opprimés commencent à émerger, le peuple kabyle s’inscrit dans ce processus d’émancipation qui lui permettra d’exister et de vivre enfin libre et de conduire les autres peuples d’Afrique du Nord vers la lumière dont ils ont été privés depuis leur pseudo indépendance.

Kader Dahdah