Crise politique en Algérie : le parlement paralysé à 100 %

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President de l'apn, algérie
President de l'apn, algérie

KABYLIE (Tamurt) – Ce qui devait arriver arriva. L’Assemblée populaire nationale algérienne (APN) est paralysée à 100 % depuis hier à la-mi-journée. Le bras de fer opposant 360 députés à Said Bouhadja, le président de l’assemblée perdure. Le pire est à craindre.

Ainsi, toutes les activités qui devaient et qui devraient se tenir au sein de l’APN ont été gelée suite à la pétition signée par 360 députés du FLN et du RND principalement exigeant le départ du président de l’assemblée Said Bouhadja. Said Bouhadja est, pour rappel, le troisième homme de l’Etat après le président de la République et le président du Conseil de la Nation (Sénat). On comprend bien qu’il ne s’agit pas de n’importe qui quand on exige le départ de Said Bouhadja. Ce dernier refuse d’ailleurs de lâcher prise et la Constitution, dans ce cas, est à son avantage à moins que Bouteflika ne l’enfonce. Ce qui n’a pas été le cas jusque-là.

Une situation de bras de fer qui a abouti, comme il fallait s’y attendre, à une vraie crise politique en Algérie à moins de sept mois de la tenue théorique des élections présidentielles avec la fin du quatrième mandat de Abdelaziz Bouteflika. La décision du gel de l’APN algérienne a été prise mercredi après une rencontre entre les vice-présidents de l’assemblée et les présidents de commissions. De ce fait, l’APN est paralysée à 100 % jusqu’à nouvel ordre. C’est de fait l’Algérie qui est bloquée. La prise de cette décision radicale confirme l’existence d’un malaise profond au plus haut sommet de l’Etat algérien et tout est lié aux présidentielles. L’absence d’un consensus en est la source. Reste à savoir quel sera la tournure qui sera prise par cette crise qui rappelle celle de l’entre-deux tours des élections législatives de 1991. Sauf qu’à l’époque, c’était le président Chadli Bendjedid qui a avait démissionné ou été forcé de démissionner. Cette démission a été faite entre le premier et le deuxième tour des législatives. L’Algérie s’était donc retrouvé sans président et sans APN.

Le vide constitutionnel avait été alors été évoqué et l’idée d’un Haut Comité de l’Etat a germé. Boudiaf avait été appelé pour le présider puis assassiné six mois plus tard. La suite fût une guerre civile et des centaines de milliers de morts. Espérons cette fois-ci que la sagesse primera et que, quelque soit l’ampleur qui sera prise par cette crise politique, on n’ira pas jusqu’à provoquer une guerre.

Tarik Haddouche