Croire n’est pas illusoire…

3

Contribution ( Tamurt ) – Figée telle une araignée sur sa toile, l’Algérie semble être condamnée par contumace à passer le reste de ses jours dans une sorte de coquille hermétique, se truffant de l’or noir et inhalant le gaz en grande pompe. Une bande de tyrans se gave comme des châtelaines dans une gentilhommière, omettant que derrière eux des millions d’individus pâtissent quotidiennement sans savoir à quel saint se vouer.

Le renouveau ne figure nullement dans l’agenda de cette troupe de satrapes, flirtant avec le champ des bassesses et cultivant le mépris et le dédain. La constitution est un  bréviaire qu’ils arrangent à leur guise. Manger dans tous les râteliers ne les dérange guère quitte à se dépraver au ras des pâquerettes. Seul perdant dans cette partie est le peuple Kabyle qui attend impatiemment de se délivrer des mains de l’ogre.

La restauration de meubles anciens peut s’avérer efficace une fois reconvertie chez les hommes politiques. Nul besoin d’un très bon ébéniste, mais juste quelques apprentis sorciers pour repeindre un vieux meuble Louis XIV en lui apportant une touche vintage ou le home standing communément appelé par les décorateurs d’intérieur. Mais, à quoi servirais de trimer vainement tant que ça dénote de la chimère. Vouloir faire du neuf avec du vieux. Ce cas de figure se vérifie en Algérie, où l’amateurisme politique et l’avidité vorace du pouvoir ont sérieusement infligés à bras raccourcis sur les Kabyles, martyrisés par tous les supplices.

Malheureusement, au pays des loufoqueries, le ridicule ne tue pas. « L’intronisation » de Bouteflika par un quatrième mandat a marqué le point de descente aux enfers, si on n’y est pas déjà. Avec ce nouveau mode de règne à la « B », la république algérienne glisse vers une monarchie, ce qui présage d’un avenir déjà connu, et il ne suffit qu’à voir ce qui se passe et s’est passé dans d’autres contrées adoptant le modèle despotique.

Les fréquences semblent être cryptées, laissant ainsi les téléspectateurs devant un écran noir, dont le seul message visible est « Veuillez vérifier vos droits », tel est le mot d’ordre émanant du satellite ALSAT (Algérie saturée).  Des cartes pirates sont mises en vente afin de décrypter les programmes émis par ce satellite, et cela à travers plusieurs points de vente. Bureaux de soutien au Président, les municipalités, bureaux des partis de la coalition et tutti quanti. Toutefois, toute personne s’abstenant d’acheter ces cartes est perçue comme étant subversive et renégate envers sa patrie. En dépit d’un arsenal médiatique usant de la propagande et de marchandage électoral, les citoyens préfèrent s’aventurer au péril de leurs vies rien que pour fuir cette situation d’indigence.

Des énergumènes claironnent à tue-tête leur soit disant patriotisme et nationalisme ostentatoire, vantant les mérites d’un payé appelé « l’Angérie », et où l’amour du blé et de la vie facile amadoue des personnes censées être toujours au-devant de la scène d’opposition, et d’avoir rejeté toute offre de se prosterner devant les marchands de tapis. Que dire alors de ces simples personnes illettrées, cancres et candides qui se laissent si facilement duper par des promesses non tenues et l’espoir d’un avenir plus prometteur. Le pharisaïsme inexpugnable déjà en fomentation, menace sérieusement les libertés individuelles, dont la Kabylie en paye un lourd tribut.  Le MAK est plus que salvateur pour notre peuple kabyle, car à l’horizon, ça sent l’écurie. Les forces vitales de cette terre noble doivent s’unir pour donner un meilleur avenir aux Kabyles. Nous n’avons nullement la berlue ! Si des voix se lèvent pour discréditer les promoteurs du projet d’une Kabylie autonome, le rêve est à portée de mains, pourvu que tout un chacun y croit dur comme fer.

Le pouvoir algérien qui tient d’une main de fer les règnes depuis belles lurettes n’est pas aussi infaillible comme le prétendre certains félons ayant pignon sur rue. Ça dépasse tout entendement de voir que cette phalange de cacochymes tient la dragée haute au peuple kabyle, qui ne demande que le simple droit de s’exprimer librement et aspirant à vivre dignement dans son pays de toujours qu’est la Kabylie. Un vœu qui semble du mauvais gout de la camarilla. Le citoyen lambda a lourdement payé les violons du bal durant des décennies, voire des siècles. De surcroit, les quelques acquis sont remis en cause par un retour au puritanisme menant aux entrailles du cataclysme. Désormais, l’avenir n’est plus un futur, mais un passé assaisonné d’un grain de sel pour que la marmite soit définitivement insipide.

« Rien n’est près, rien n’est loin, tout est une question de volonté », disait Jérôme Treffel.

Bachir Djaider