De l’aveu même du colonel de la gendarmerie Doual Djilali : Les gendarmes connaissaient l’un des ravisseurs d’Amirouche

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KABYLIE (Tamurt) – Lors d’une conférence de presse animée hier au siège du commandement de la gendarmerie de Tizi-Ouzou par le colonel Doual Djilali, ce dernier a fait une déclaration des plus surprenantes à la trentaine de journalistes présents pour couvrir l’affaire du jeune Amirouche Mebrek, enlevé à Ath Zmenzer vendredi dernier par un groupe armé.

« Nous savions qui est derrière cette affaire. Le chef de ce groupe armé, nous l’avons identifié. Il s’agit d’un repris de justice notoirement connu. C’est lui qui a planifié et dirigé ce kidnapping. Nous avons même localisé approximativement la victime et les ravisseurs. L’affaire connaîtra un dénouement ce soir ou plus tard demain matin. Mais je vous supplie de ne rédiger aucun mot sur ce que je viens de dire, sinon les ravisseurs vont exécuter l’otage », a déclaré hier le premier responsable de la gendarmerie à Tizi-Ouzou à la presse.

Les journalistes ont tous respecté les directives de ce colonel et n’ont soufflé aucun mot à ce sujet dans la presse. Malheureusement, le jeune Amirouche a été tué hier soir et a été retrouvé mort ce matin !

Les dires de ce colonel sont vérifiés sur le terrain, mais les auteurs ne sont pas arrêtés. Pourquoi les services de sécurité ne sont pas intervenus à temps puisque le lieu de la séquestration d’Amirouche était connu et que le chef de ce groupe armé a été identifié et surveillé même de près de surcroit?

S’agit-il d’une bavure professionnelle ou d’un acte délibéré des services de sécurité ?
La dernière thèse est la plus probable. Les services de sécurité ne se sont jamais intervenus pour libérer aucun otage à Tizi-Ouzou dans pas moins de 80 affaires de kidnapping enregistrées depuis 2006 dans cette région de Kabylie.

Aujourd’hui, tout un pays, la Kabylie, pleure son enfant assassiné.

Saïd F