De nouveaux « interdits » en Kabylie

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TIGZIRT

TIGZIRT (Tamurt) – A l’est de la ville de Tigzirt  au nord de la wilaya de Tizi-Ouzou se trouve l’une des plus belles plages de Kabylie.  Cette plage est très prisée par les touristes locaux. Les touristes étrangers ne se bousculent plus aux ports et aéroports algériens depuis déjà des décennies.

Les quelques aménagements effectués par la collectivité locale ne suffisent plus pour accueillir les nombreux vacanciers durant la saison estivale. Au lieu de simplifier l’accueil à ce flux de citoyens à la recherche de la fraicheur maritime et d’un répit l’espace d’un week-end, l’espace d’une vacance, les « autochtones » empoisonnent la vie de ces derniers par des attitudes des plus inciviques. En plus des parkings sauvages payants, des cabanes de restaurations insalubres où l’on vend n’importe quoi et de n’importe quelle manière, des restrictions élémentaires érigées en lois et édits par des « habitants riverains nous dit-on  »  de cette féerique plage sont visibles sur des panneaux implantés illégalement au vu et au su des autorités. Sur le plus étrange de ces panneaux inquisitoires et intégristes, on peut lire « Interdit aux couples ».

Cette plage appartient au domaine public et le barrage fixe, de la gendarmerie, affecté à la surveillance de ce lieu de baignade laisse faire et semble même s’accommoder de cette injonction liberticide de quelques individus ou familles en mal d’inspiration en matière de libertés. « L’amour fait plus peur à ces gens que le terrorisme durant la décennie noire puisque durant ces années là des terroristes traversaient ce coin, nuits et jours, sans que personne ne s’en offusque. Pourquoi pas un panneau Interdit aux terroristes alors ?» lance un militant de la démocratie rencontré sur place. Notons que ce phénomène tend à se généraliser partout en Kabylie.

Instruits par des officines qui se cachent derrière la religion à la solde du gouvernement islamo-batthiste illégitime algérien, de pauvres kabyles se laissent tenter par la chasse aux amoureux et aux buveurs d’alcools. Les abords des routes jusqu’au milieu de forêts à mille lieux des habitations sont remblayés ou semés de tessons de verre pour éviter que de citoyens libertaires s’y attardent en compagnie d’une bière ou d’une copine. Ces interdits n’ont rien à voir avec le NIF mais jamais loin de la doctrine salafistes qui s’installe petit à petit. Le danger pour la Kabylie ne vient nullement des amoureux ou des buveurs d’alcool mais de ceux qui repeignent la région en vert. La gandoura et le hidjab remplacent petit à petit la tenue vestimentaire de nos jeunes et la barbe pousse à une vitesse fulgurante. La Kabylie belle et rebelle se défigure lentement et ses enfants ne doivent pas se tromper de combat. Il y va de sa survie.

Masslin