Décédé le 1er janvier 2002: Bessaoud, l’éternel oublié!

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BESSAOUD AVEC MATOUB
BESSAOUD AVEC MATOUB

KABYLIE (TAMURT) – Le 17ème anniversaire du décès du monument du combat identitaire amazigh, Bessaoud Mohand-Arab, qui coïncide avec le 1er janvier, est passé complètement inaperçu dans toute la Kabylie cette année. Où sont passés ses anciens compagnons, ses anciens disciples, ses amis … ? Où est passé le mouvement associatif amazigh ? L’heure est désormais à l’amnésie et au reniement.

L’anniversaire de la mort de celui qui a été pour beaucoup dans l’éveil concernant la question amazigh grâce notamment à son combat, de manière inlassable, dans les rangs de l’académie berbère, n’a pas été commémoré. A-t-il été oublié ? Tout porte à croire que c’est le cas. Ce n’est pas du tout normal que l’anniversaire du décès d’un monument comme Bessaoud Mohand-Arab passe entièrement inaperçu. Il s’agit d’un véritable affront à l’encontre d’un homme exceptionnel connu pour son esprit libre et sa franchise et surtout pour sa détermination dans sa lutte pour que l’Etat algérien cesse de faire croire aux algériens qu’ils sont des Arabes.

Bessaoud Mohand-Arab a été aussi, faut-il le rappeler, un ancien maquisard ayant contribué à la lutte armée contre le colonialisme français. Il est aussi un écrivain et auteur d’une dizaine de livres. Des livres qui dérangent toujours car ils regorgent de vérités et de faits avérés sciemment dissimulés aux Algériens. Parmi ses livres, on peut citer : « Heureux les martyrs qui n’ont rien vu », « FFS, espoir et trahison », « L’identité provisoire » et « De petites gens pour une grande cause, histoire de l’académie berbère ». Bessaoud était également poète et auteur de nombreux chants engagés et patriotiques. Mais c’est en tant que pilier et précurseur du combat pour la reconnaissance de l’identité berbère qu’il s’est distingué. C’est grâce à lui que de nombreux grands militants émergeront plus tard suite à ses campagnes en faveur de l’amazighité mais aussi contre l’idiologie arabe qui était en vogue en Algérie.

Le fait qu’aujourd’hui, les décideurs veulent effacer sa mémoire témoigne si besoin est que l’Algérie officielle refuse de reconnaitre les grands hommes dotés d’un esprit libre. A moins de pervertir leur combat comme le pouvoir algérien essaye de la faire, depuis quelque temps, avec Matoub Lounès en s’appuyant sur la complicité de quelques proches du rebelle.

Tarik Haddouche