Déclaration de Tamazgha : Yennayer aux Amazighs, pas leurs bourreaux

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Tamazgha

COMMUNIQUE (Tamurt) – Depuis 2006, la Mairie de Paris invite les Berbères parisiens à célébrer au sein de l’Hôtel de Ville un jour qui leur est cher : Yennayer. Célébré pour la première fois par Bertrand Delanoë, alors Maire de Paris, les Amazighs ont d’abord accueilli cette nouvelle tradition avec grand enthousiasme. La foule s’est accrue d’année en année et les échos furent positifs.

C’était sans compter sur des décisions totalement incompréhensibles des Elus de Paris au premier rang desquels Madame la Maire, Anne Hidalgo. En effet, Anne Hidalgo n’a pas mis fin à une pratique très polémique lors de cette célébration : l’organisation exclusive de cet événement culturel en partenariat avec une entreprise, lisez profit érigé en règle, dont le siège est — soit dit en passant — situé en Seine-Saint-Denis. A l’exclusivité du partenariat s’ajoute la désignation par la Mairie de Paris du PDG de cette entreprise comme « représentant des Berbères ». C’est ainsi que l’on se retrouve dans une situation rocambolesque où, aux côtés d’une Elue de la République, Maire de Paris, les Amazighs invités à célébrer une date symbolique d’un peuple plusieurs fois millénaire, se voient infliger le discours d’un PDG d’entreprise privée.

Mais la confiscation de Yennayer aux Amazighs ne s’arrête pas là. Alors que les Etats sévissant en Afrique du nord les maltraitent et piétinent leurs droits de base, les représentants de ces Etats sont accueillis par les organisateurs de Yennayer à l’Hôtel de Ville de Paris. Incompréhensible. Ou plutôt, ce clair-obscur insultant est dirions-nous révélateur des velléités « représentatives » hors sol… Le berbère est avenant et a bon dos jusqu’à présent. Sauf qu’il y a des limites à ne pas franchir !

Comment peut-on s’autoproclamer « porte-parole » des Berbères de France et oser honorer, en leur nom, ceux-là même qui exercent l’oppression des Berbères en Afrique du nord et dans le Pays touareg ? Nous citons sans ambages à ce propos pêle-mêle les officiels ennemis jurés entre eux, mais si fortement unis à l’encontre des Berbères : ceux de la monarchie marocaine et l’Etat algérien, auxquels nous pouvons rajouter ceux des Etats malien et nigérien, et d’autres encore.

En cette veille de célébration de Yennayer, nous appelons de tous nos vœux au ressaisissement de la Mairie de Paris afin de rendre son sens à cette journée ô combien chère aux Amazighs à Paris et de par le monde. Tamazgha qui se bat, entre autres, pour la défense des droits menacés des Amazighs, ne cautionnera pas leur humiliation à Paris, et de surcroît au sein de l’Hôtel de ville, maison des citoyens libres. Tamazgha ne ménagera aucun effort pour dénoncer une éventuelle présence des autorités officielles représentants les Etats nord-africains ou subsahariens. Elle appelle l’ensemble des Amazighs à être vigilants et à refuser que ce symbole qu’est Yennayer soit corrompu et métamorphosé et aliéné.  Tamazgha encourage les Amazighs à s’adresser à la Maire de Paris afin de lui faire part de leurs opinions et de leur refus que les représentants d’Etats qui ne respectent ni les droits ni la culture des Amazighs soient associés à la célébration de Yennayer.

Tamazgha,