Démission de Zeroual en 1998: Simple coïncidence avec l’assassinat de Matoub ?

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Liamine Zéroual
Liamine Zéroual

ALGERIE (Tamurt) – Matoub Lounès a été assassiné le 25 juin 1998. A peine deux mois plus tard, en septembre 1998, le Président de la République de l’époque, le Général Liamine  Zeroual, annonce sa démission. Les deux événements sont-ils liés ou s’agit-il d’une simple coïncidence ? La question mérite bel et bien d’être posée avec le recul nécessaire.

L’assassinat de Matoub Lounès, pour rappel, avait embrasé la Kabylie. Des émeutes avaient éclaté partout et il y avait eu même des jeunes qui ont perdu la vie suite aux affrontements entre kabyles et forces dites anti-émeutes. En tout cas, une chose est sûre. L’homme fort du pouvoir de l’époque, à savoir le Général Mohamed Betchine avait un conflit des plus corsés avec d’autres décideurs. Un bras de fer qui avait poussé les adversaires de Betchine à mener contre ce dernier et ses hommes une campagne médiatique des plus féroces, allant même jusqu’à ne pas épargner sa vie privée et celle de ses hommes. Les archives de la presse dite indépendante existent toujours pour rappeler cet épisode. A l’époque, on est allé jusqu’à laisser entendre que Mohamed Betchine ambitionnait de se porter candidat aux élections présidentielles dans la perspective de succéder à Zeroual. Ce qui n’a pas été du goût des autres décideurs, également puissants.

Les événements se sont alors précipités. Assassinat de Matoub, émeutes dans toutes la Kabylie puis démission du Président de la République. Jusqu’à aujourd’hui ni Liamine Zeroual, ni son parrain et conseiller, le Général Betchine ne se sont jamais exprimé sur les raisons vraies ayant poussé au départ prématuré de Zeroual dont le premier mandat ne devait s’achever qu’en 2000. Le lynchage médiatique dont a été la cible Betchine pendant l’été 1998, ayant eu lieu simultanément avec l’assassinat de Matoub et les émeutes ayant ébranlé la Kabylie durant le même été, le tout suivi de la démission de Zeroual poussent à se poser plusieurs questions qui demeurent malheureusement sans réponses.

Un jour, les acteurs de ces événements, au plus haut niveau de l’Etat, feront peut-être des révélations sur cette étape. On saura alors si l’assassinat de Matoub n’était pas inscrit dans le cadre d’un complot politique savamment concocté.

Tahar Khellaf

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