Des millions d’Algériens dans la rue contre Bouteflika

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marche pour le changement
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ALGERIE (TAMURT) – Ce vendredi 1er mars, l’Algérie a vécu une journée inédite dans son Histoire. Des millions d’Algériennes et d’Algériens sont sortis dans la rue dans des dizaines de villes voire même dans des villages pour dire une seule et même chose : « Bouteflika, dégage ! ».

Est-ce la fin du régime de Bouteflika où ce dernier et ses soutiens oseront-ils aller jusqu’à provoquer l’irréparabale ? Car si jusque-là, dans la majorité écrasante des marches, il n’y a pas eu de dérapages, rien ne garantit que si le régime de Bouteflika persiste à rester au pouvoir et à maintenir la candidature de Bouteflika pour un cinquième mandat, les choses ne vont pas s’empirer. Nous avons eu un avant-goût de ce à quoi pourrait ressembler le futur proche si le pouvoir de Bouteflika ne renonce pas à un cinquième mandat que la majorité des algériens contestent.

A Alger, il y a eu en effet des affrontements parfois violents entre les manifestants et les forces anti-émeutes. Même la Kabylie s’est impliquée dans ce vaste mouvement où des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue ce vendredi 1er mars pour crier leur ras-le-bol de voir le pays transformé en une véritable monarchie et où Bouteflika veut mourir sur le trône en dépit de son âge et de son état de santé très dégradé. « Même un Roi se serait retiré s’il était dans un tel état de santé », a affirmé l’un des manifestants ayant pris part à la marche gigantesque de ce vendredi dans la ville de Tizi Ouzou. Or, dans le cas de Bouteflika, rien n’est moins sûr puisque jusque-là, toutes les réactions de ceux qui parlent en son nom (Ouyahia, Sellal, Sidi Said et Louh entre autres), laissent croire que la candidature imposée de Bouteflika pour un cinquième mandat demeure à l’ordre du jour.

Il est toutefois évident que dans un tel contexte, organiser une campagne électorale ou des élections est une mission impossible. De quoi sera fait demain ? C’est désormais l’incertitude en Algérie où les citoyens ne savent plus ce qui pourrait se passer d’un moment à un autre. Toutes les hypothèses sont désormais plausibles, des plus optimistes aux plus alarmantes.

Tarik Haddouche