Deux ans après son « officialisation » en Algérie, Tamazight toujours exclue des espaces officiels

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Hend Sadi, janvier 2016

ALGERIE (Tamurt) – Deux années plus tard (février 2016-février 2018), la langue Tamazight est toujours une langue exclue de tous les espaces officiels algériens et indésirable chez les représentants de l’Etat algérien. En dehors de quelques exceptions, l’utilisation de la langue amazighe dans les espaces publics et officiels est quasiment inexistante, constate-t-on deux années après sa « reconnaissance comme langue officielle dans la constitution algérienne ».

Tout se fait comme avant, c’est-à-dire en langue arabe. Aucun effort palpable et concret n’a été fourni par l’Etat dans le sens de donner un coup de fouet à la généralisation de l’utilisation de la langue tamazight même dans la région de Kabylie. Les plaidoiries dans les tribunaux se déroulent toujours en langue arabe même quand l’ensemble des intervenants sont des kabylophones. On impose aussi des responsables arabophones afin que lors des réunions de travail, où tous les participants, quand bien même ils sont majoritairement kabyles, utilisent la langue arabe. C’est le cas par exemple du secteur de l’éducation. Le directeur de l’éducation de Tizi-Ouzou est un arabophone. Ce dernier impose ainsi sa langue à tout le monde même quand il intervient sur les ondes de Radio-Tizi-Ouzou (qui est pourtant une radio kabyle), il impose l’arabe.

Il en est de même pour le premier responsable de la wilaya, qui lui au moins s’exprime en langue française. Mais la meilleure preuve que ladite officialisation n’est que de la poudre aux yeux reste incontestablement le fait que l’enseignement de la langue tamazight dans les écoles publiques reste encore optionnel. C’est-à-dire qu’il n’est pas obligatoire. C’est la seule matière que les élèves peuvent s’abstenir d’apprendre sans être sanctionnés.

Tarik Haddouche