Deux suicides en 24 heures à Ath Ouaguenoun

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – La mal vie et l’absence de perspectives, mais aussi l’absence absolue de prise en charge psychologique en Algérie, ne cessent de pousser les citoyens au désespoir. Et le phénomène du suicide qui touche pratiquement toutes les tranches d’âges et surtout les personnes de sexe masculin ne cesse de faire tache d’huile dans les quatre coins de la wilaya de Tizi-Ouzou.

C’est ainsi que toute la région des Ath Ouaguenoun a été secouée en ce milieu de semaine par la triste nouvelle de deux suicides. Le premier acte de désespoir a été enregistré à Tikobaine, dans la commune d’Ouaguenoun. Un père de trois enfants n’a pas hésité à mettre fin à ses jours devant la multitude de difficultés dans lesquels il se débattait des années durant. L’homme en question avait quarante cinq ans. Il était très estimé par les gens de sa région. Son suicide a jeté l’émoi au sein de la population locale. Cette dernière n’arrivait pas à croire cette mauvaise nouvelle. Par ailleurs, et toujours, dans la région des Ath Ouaguenoun et à cinq kilomètres de là, un autre suicide a été enregistré, ce mardi, au village Isseradjen (commune de Boudjima). L’homme qui a décidé d’en finir avec la vie, un quadragénaire, jouissait également d’une grande estime de la part de tous les citoyens de son village Isseradjen mais aussi ceux des villages environnants.

Il faut rappeler que les personnes en souffrance en Kabylie,  n’ont devant eux que leur solitude. L’absence de prise en charge psychologique et psychiatrique est flagrante en Algérie. Tous les psychiatres compétents ont quitté le territoire national au début des années quatre-vingt dix alors que la nouvelle vague de jeunes psychiatres, produits de l’université algérienne, ils sont victimes de l’arabisation et du système éducatif algérien sinistré où la part du lion des études est réservée à ce qui est appelé l’éducation islamique au détriment de la science et des technologies.

Une partie des psychiatres et psychologues en question, illuminés et victimes de l’école algérienne, n’hésitent pas à orienter leurs patients vers les imams et les cheikhs, leur conseillant la Rokia. Ils font ceci devant leur incapacité à prendre en charge les patients. Il va sans dire que la faute n’incombe pas entièrement à ces jeunes psychiatres et psychologues. Elle incombe plutôt au pouvoir algérien, lequel dès le lendemain de l’indépendance, a mis en place un système éducatif visant à abrutir le peuple au moment où les enfants des hauts responsables sont tous inscrits dans de grandes écoles en Europe et en Amérique.

Tahar Khellaf pour Tamurt