Deuxième édition du festival culturel à Taghzout (Illiltène -Tizi Ouzou) : Un atelier d’écriture de Tamazight en Tifinagh au menu

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Au programme : un atelier d’écriture de la langue de Massinissa en caractère graphique Tifinagh. Une initiative salutaire à plus d’un titre, d’autant qu’elle est organisée par des jeunes étudiants dont l’âge ne dépasse pas les 22 ans. Ces jeunes sont le véritable porte-flambeau de notre culture plusieurs fois millénaire et sur laquelle le pouvoir tente toujours de jeter l’anathème en la privant d’un statut officiel qui lui permettra de s’épanouir, de se développer et d’être enseignée, et utilisée au niveau de l’administration.

Les jeunes initiateurs de ce Festival accordent un intérêt particulier et surtout sans cesse grandissant à cet aspect qui concerne la graphie amazighe. Encadré par des professeurs universitaires en Tamazight, l’atelier connaît un engouement certain. Ce qui est étonnant aussi, c’est que même ceux qui n’ont jamais étudié Tamazight à l’école, maîtrisent parfaitement l’écriture de cette langue en caractère tifinagh.

Des jeunes, des moins jeunes, des jeunes filles, une centaine environs, aiguisent leur curiosité pour apprendre à écrire la langue de leurs aïeux en alphabet Tifinagh, comme l’a toujours souhaité Mouloud Ath Maamar.
L’attachement du peuple Kabyle à sa culture est viscéral.

L’initiative de l’association Taghzout, qui porte le même nom que ce magnifique village, est la meilleure réponse pour Benbouzid and-Co qui veut dénaturer la langue des Kabyles et du peuple amazigh entier, en imposant le caractère arabe pour cette langue qui existait des milliers d’années avant l’arrivée des Arabes en Afrique du nord.

En se rendant à Taghzout, l’enthousiasme des jeunes de ce village est des plus remarquable. Ils activent avec des moyens financiers très limités, mais leur volonté et détermination de préserver leur culture, voire de la développer, est phénoménal. Des drapeaux culturels berbères flottent sur les toits des maisons de ce village situé entre une végétation qui « ressemble à un écrin naturel ».

« Notre objectif et d’inculquer aux jeunes générations l’importance de préserver notre culture Amazigh sous toutes ses facettes. Notre langue a résisté depuis 25 siècles aux différents occupants qui ses sont succédés dans la région de l’Afrique du nord, et ce n’est pas aujourd’hui que nous allons baisser les bras. Nous ne sommes pas entrain de préserver notre culture, elle est à l’abri grâce nous tous. On est entrain de la développer », nous précise Yuva de la région D’illiltene.

L’exemple des jeunes de ce village, qui englobe en son sein environs 700 habitants, est à méditer. Notons qu’un autre atelier pour la poterie et un autre pour la confection de la robe Kabyle sont aussi ouverts à Taghzout depuis le début de cette manifestation culturelle, dimanche dernier. Chaque soir des pièces théâtrales sont présentées à la placette du village en présence d’une foule nombreuse. Le théâtre d’expression Kabyle vient de connaître un essor sans précédent en Kabylie ces dernières années. La clôture est prévue pour demain soir, avec un gala artistique.

Nadia Iflis

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