Dourari président de l’Académie de Tamazight

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TAMAZGHA (Tamurt) – Ce qui n’était qu’au stade de la rumeur et de la spéculation se précise de plus en plus concernant l’homme choisi par les décideurs algériens pour diriger la future Académie berbère. En effet,  des sources concordantes et généralement bien informées nous ont révélé que c’est le docteur Abderezzak Dourari qui sera désigné, par décret présidentiel, président de l’académie en question.

La décision a été prise au plus haut niveau de l’Etat. Nos sources précisent que le profil de Abderrezak Dourari serait celui qui sied le plus aux exigences du système politique algérien. Malgré le fait que le parcours personnel et professionnel de Abderrezak Dourari n’a aucun rapport avec la langue et culture amazighe et le long combat ayant été mené pour sa reconnaissance, le pouvoir a jeté son dévolu sur lui. Rien d’étonnant jusque-là puisque même ceux qui ont dirigé le Haut Commissariat à l’Amazighité jusque-là ne sont pas des spécialistes ni des passionnés de l’identité amazighe.

Qu’il s’agisse de l’actuel secrétaire général du HCA, en l’occurrence Si El Hachimi Assad ou encore son prédécesseur, Youcef Mérahi, ces derniers n’ont découvert l’univers de l’Amazighité qu’après avoir été nommés à la tête de cette institution. Dans la perspective d’annoncer la nomination officielle de Abderezzak Dourari à la tète de l’académie berbère, ce dernier a reçu des instructions fermes de la part de ses parrains pour ne plus se prononcer en faveur des caractères arabes pour la transcription de la langue tamazight. Ceci pour ne pas s’attirer les foudres des kabyles. Donc, Abderrezak Dourari a commencé à corriger sa copie en plaidant désormais pour un emploi au choix des caractères de transcriptions au lieu d’imposer ces derniers.

Abderrezak Dourari qui a enseigné à l’université de Tizi-Ouzou, pendant les années quatre-vingt, n’a jamais pris position en faveur du combat identitaire amazighe. Pis encore, selon ses collègues à l’université de Tizi-Ouzou, Abderrezak Dourari était hostile au combat mené par les militants du MCB en faveur de la langue et culture amazighe. Le choix de Dourari fera fuir toutes les bonnes volontés et les chercheurs honnêtes qui voudraient se consacrer à la promotion de la langue amazighe. Qui voudrait travailler en faveur de la langue tamazight sous la chapelle de quelqu’un qui ne peut même pas s’exprimer correctement en kabyle ? On aura la réponse à cette question dans quelques mois.

Tarik Haddouche