D’un règne dictatorial à un règne mafieux

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Contribution de Amar BENHAMOUCHE (Tamurt) – Durant les années soixante, soixante-dix et quatre-vingt, l’Algérie est prise entre desmains de fer. Des présidents autoritaires, impitoyables qui s’inspire de leurs maitre d’orient tel que : l’Egypte, la Syrie et l’Irak. A cette époque, les luttes démocratiques sont étouffées, les mouvements de masse et de contestation sont réprimés et les espaces d’expression sont verrouillés.

Les années avançant, de nouvelles conjointures et occurrences mettent de nouveaux ingrédients sur la seine politique algérienne. La courbe du chômage ne cesse de grimper, l’inflation, la pauvreté et la misère sociale, les problèmes de logements et la baisse des prix du pétrole, autant d’éléments qui s’ajoute aux luttes identitaires, sociales et féministes qui rendaient l’avenir du régime incertain.

Mais, la malice est de leur coté, le régime fallacieux tentait une autre tactique basée sur l’école et la sécurité interne du pays. Pendant les années quatre-vingt, Un projet d’islamisation de l’école vient d’être lancé et des groupements islamistes épars qui apparaissaient et encourager dans les villes, les maquis et les universités. Avec une école islamisée, ils vont produire des incultes qui seront dans l’incapacité de se défendre et de s’affirmer en tant que citoyens. Avec des groupements islamistes, ils vont faire face aux lutte démocratiques, comme, ils vont inventer, par la suite, une guerre imaginaire qui va plonger le pays dans la terreur et va faire oublier au peuple ses vrais problèmes. Une période sombre où on a connu l’assassinat des écrivains, politiques, journalistes, femmes progressistes, enfants et tout les innocents du peuple. Mais, dans un régime fallacieux qui s’attaquait aux uns et récupérait les autres tout est possible pour duper un peuple inconscient. Avec la flambée des prix du pétrole, une autre stratégie serait employée, comme si ce régime possédait une baguette magique. La page des années de sang est tournée, les coupables sont devenus innocents et les assassins sont vu comme des symboles de paix et « À vous la société et à nous le pouvoir », un slogan resté longtemps implicite, un intitulé d’un pacte signé entre le pouvoir mafieux et les islamistes. Les islamistes accèdent à des privilèges et des possibilités de prosélytisme religieux qui va les permettre de propager leurs idées dans la société.
De son coté, le régime en place, profite de la manne pétrolière pour acheter la paix sociale. Il associait à ses cotés les hauts responsables, cadre d’Etat et patrons, il généralise la corruption et crée des programme qui sont en réalité de la poudre aux
yeux comme le « programme de l’ANSEJ ».

L’école et la justice sont ruiné, le peuple est resté inerte face au drame politique que vit le pays. L’esclavagisme est devenu une réalité dans la société algérienne, mais, malheureusement, une fierté. Insurrection de 1963, finale de la coupe d’Algérie en 1977, l’affaire des poseurs de bombe pendant les années soixante-dix, printemps berbère de 1980, boycott scolaire de 1994, printemps noir de 2001 sont certaines dates phares de l’histoire de la Kabylie. Cette Kabylie qui a pu combattre et opposer tout les règnes dictatoriaux en Algérie. Le peuple kabyle a été l’exemple de la témérité et de la dignité. Malgré, certaines différences, les kabyles restaient unis et solidaires. La Kabylie est restée attachée aux valeurs démocratiques (luttes pour l’identité, pour la justice sociale et pour les droits des femmes). Les inquisitions, les interdictions et restrictions n’ont pas empêché les kabyles de braver l’interdit, artistes, journalistes, politiques, agriculteurs, paysans et d’autres s’engageaient pour des nobles valeurs de liberté et de justice.

Aux cours des années et à partir des années deux-mille le pouvoir mafieux a pu déroger les kabyles du vrai sens du combat. Au lieu, d’avancer la Kabylie recule, les exemples sont palpables et concrets :Au lieu de construire des hôpitaux et des écoles, le régime nous a construit des centres d’islamistes. La Kabylie n’est plus tolérante comme avant, une montée effrayante de l’intégrisme islamiste. Les Katia BEBGANA et Nabila DJAHNINE sont rares aujourd’hui, la Kabylie se voile et la liberté associée aux berbères va laisser place à la soumission qu’on a longtemps refusée.

Clochardisation des villes et cités kabyles : le pouvoir a introduit des groupements d’individus payés spécialement pour rendre inhospitalière la région. Le banditisme et les vols sont devenus une logique à Akbou, à Bejaia, à Tizi-Ouzou et dans d’autres villes de la Kabylie. L’harcèlement des femmes fait, aussi, partie des mœurs quotidiennes.

L’élite intellectuelle et politique qui est sensée au premier lieu de conscientiser le peuple se trouve égarée ou vendue. La Kabylie d’aujourd’hui ne respire plus le même oxygène que celui d’hier. Notre atmosphère est polluée par la mafia au pouvoir et la complicité des enfants de cette patrie kabyle. Ces enfants, sans, éthique qui ont trahi leur mère et la mémoire de leurs frères morts pour la dignité et la liberté.
L’exemple le plus marquant est celui de la JSK, un club phare de la Kabylie, qui  rassemblait les kabyles et grâce à lui qu’on a pu perpétuer la lutte identitaire. Un club qui véhiculait avant la discipline, le respect de l’adversaire et aussi le civisme de ses supporteurs.

Aujourd’hui, le club est géré par une mafia complice avec le régime et qui a tenté tout les moyens de priver les kabyles de leur grande fierté. Ecartement des grandes figures de club, la volonté de réduire la JSK à un club de cartier et le pire, c’est la clochardisation des comités de supporteurs en se ralliant à une direction de club malade et psychotique. Les conséquences de la mort tragique du joueur de la JSK Ebossé renseigne sur la volenté de détruire la Kabylie et de ternir son image. La Kabylie bastion de toutes les luttes justes et espoir de tout les nord africains est de plus en plus menacée. Mais, l’histoire ne s’arrêtera pas en 2014, les années vont nous répondre !

Amar BENHAMOUCHE
Etudiant en psychologie clinique université de Montpellier III