Echourouk remplace Liberté à Tizi-Ouzou !

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Echourouk

TIZI-OUZOU (Tamurt) – Le pouvoir algérien ne cesse de mettre en place des stratagèmes visant à dévitaliser la Kabylie de tous ses principes et de tous ses repères. Tout le monde connaît le journal arabophone Echourouk et tout le mal qu’il pense de la Kabylie et des kabyles.

Parmi les missions assignées à ce quotidien arabophone, dénigrer la Kabylie et ses symboles figure en tête de liste. Ce journal n’a pas cessé d’écrire des articles franchement racistes contre la Kabylie. Des articles qui font la UNE principale de ce journal, qui n’évoque la Kabylie et les kabyles que pour en dire du mal. Il aurait été donc évident que cette publication soit indésirable en Kabylie. Mais la politique d’arabisation menée par le pouvoir depuis 1962 a fait que de tels journaux ayant une ligne éditoriale rétrograde et conservatrice ont un lectorat surtout constitué de jeunes ayant eu le malheur et la malchance d’être arrivés à l’école au moment où le système fondamental a commencé à détruire l’éducation qui est l’épine dorsale de toute société qui se respecte.

Doucement mais sûrement, Echourouk, à l’instar d’un certain Ennahar, a pu s’incruster en Kabylie, grâce aux milliards de centimes, argent du contribuable bien sûr, que pompe l’Etat à ce journal via l’Agence nationale d’édition et de publicité (Anep). Vingt ans plus tard, le pouvoir a réussi, il faut le reconnaître, à rétrécir la fibre militante de la Kabylie, qui n’a repris de plus belle que suite à la création du MAK et de son projet libérateur de l’autodétermination. Vingt ans plus tard, le siège qui servait de bureau régional au journal Liberté, qui assumait pendant de longues années (dans les années quatre-vingt-dix) une ligne éditoriale clairement démocratique et émancipatrice, vient d’être squatté par le journal Echourouk.

Le siège en question est situé en plein centre ville au quartier appelé communément « le Bâtiment bleu » (en face de la maison de la culture Mouloud Mammeri). Il est clair qu’en se rapprochant davantage de la société kabyle, l’ambition destructive d’Echourouk à l’égard de la Kabylie ne fait que se préciser. Mais un détail, et non des moindres, échappe au promoteur de ce canard et de son plan, c’est que la Kabylie a désormais d’autres défenseurs que sont les indépendantistes et tout ce qui sera désormais écrit dans ce journal tombera dans l’oreille d’un sourd, d’une poignée  d’opportunistes et d’une minorité d’illuminés.

Tahar Khellaf