Economie – Déficit criard dans l’infrastructure de l’enseignement primaire à Tizi-Ouzou

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L’anarchie et le désordre, absence de coordinations entre les différentes parties concernées par les réalisations, absence d’autorité, mauvaise étude des marchés, absence de suivis dans l’avancement des travaux, mauvaise et/ou absence totale de communication et une multitude d’autres maux, tel est le constat établi, hier, à l’issue du conseil de wilaya consacré au volet des infrastructures de l’enseignement du primaire et aux équipements sportifs.

Nonobstant la grande consistance des programmes de réalisation, dont beaucoup sont antérieurs à 2010, la wilaya de Tizi-Ouzou vit encore au rythme d’un déficit criard dans l’infrastructure de l’enseignement primaire. Sur 13 groupes scolaires de type BI retenu dans le programme, seulement 05 d’entre eux sont en cours de réalisation. Les huit autres restants, leurs travaux ne sont pas encore lancés.
Les travaux du groupe scolaire de type AI ne sont pas lancés non plus.
Idem concernant les trois groupes de type CI et les deux groupes de type DI.

Sur le programme portant sur la réalisation de 110 classes à travers l’ensemble du territoire de la wilaya de Tizi-Ouzou, seulement 48 sont en cours de réalisation. Et selon les prévisions, 20 classes seront livrées au cours de la saison 2014 -2015.

Cette rencontre qui a vu la participation des chefs de daïras, des représentants de subdivisions, du CTC et des responsables des contrôles financiers a permis de révéler l’étendue du désastre.
Dans certains cas, il est évoqué des problèmes d’occupations frauduleuses de logements d’astreinte par des individus extra au monde de l’enseignement. Selon le secrétaire général de la wilaya, qui a présidé la séance du travail, 85% des logements d’astreinte dans la wilaya de Tizi-Ouzou sont occupés par des personnes qui sont extra au monde de l’enseignement.
Dans la daïra de Maâtkas, un cynophile, et qui n’est autre que le fils d’un enseignant, n’a trouvé mieux pour faire l’élevage de chiens que la cour d’école où son paternel enseigne. Pour obliger ce cynophile de la 25ème heure à cesser ses activités à l’intérieur de l’école, il avait fallu l’intervention des plus hautes autorités.
A Tigzrit sur mer, l’entêtement d’un squatteur d’un logement d’astreinte a été reconnu responsable d’un grand retard dans les travaux d’aménagement que nécessite cette école, plus exactement la construction d’une cantine.

Le plus grave est le retard exagéré dans le lancement des travaux, lequel retard engendre souvent la réévaluation du montant du marché. Dans certains cas, certaines parties concernées par un projet ne reçoivent pas le courrier à temps, voire pas du tout. Dans pareil cas, le projet subit un retard considérable sinon le dossier portant son intitulé est carrément mis sous les boisseaux. Certains intervenants ont évoqué également l’absence d’assiettes devant abriter lee projet et naturellement la réticence des propriétaires de terrains quand il s’agit d’une expropriation. Pour amadouer chaque propriétaire d’un terrain et le convaincre qu’il s’agit d’un projet d’utilité publique, il faut beaucoup pour cela. Et cela ne marche pas à tous les coups. Certains propriétaires de terrains, très au courant d’arnaques immobilières, – ce qui ne manque pas d’ailleurs – préfèrent affronter les affres de la prison que de céder leur terrain même à un prix faramineux.

Nous devons préciser que même la réunion d’hier, pourtant importante, certains participants ne lui ont accordé aucun intérêt. En effet, même pendant les débats, certains éléments ont préféré s’occuper avec des jeux électroniques de leur portable que d’écouter les interventions des uns et des autres. (Nous avons pris en photo quelqu’un qui jouait avec son portable pendant cette réunion et ce quelqu’un est considéré comme un haut comité de l’Etat). Cette image à elle seule renseigne sur l’état d’esprit de ceux qui sont chargés au bien-être du citoyen.

Notons enfin que le secrétaire général de la wilaya est loin d’être autoritaire et persuasif qu’Abdelkader Bouaghzi. Il a fallu au malheureux remplaçant du wali d’intervenir à plusieurs reprises pour demander le silence dans la salle tant le chahut était si grand qu’on ne pouvait pas entendre l’intervenant parler. Ce point éclairé, il y a lieu de relever qu’en ce qui concerne les équipements sportifs pour les lycées, la situation prête à l’optimisme. En effet, sur les 25 opérations retenues au programme, 13 sont en cours de réalisation, 10 autres en cours d’études et deux autres ne sont pas lancées à cause d’une force majeure. Ces opérations non encore lancées concernent le lycée de Fréha et celui de Aïn El Hammam. A Aïn El Hammam, il y a un problème de glissement de terrain dans la partie réservée à l’implantation du gymnase. A Fréha, le problème est d’une autre nature mais indépendamment de la volonté des responsables. L’autorisation programme globale de ces opérations est de l’ordre de 917.248.000, 00 DA. Le montant de l’engagement est de l’ordre 497.738.336, 18 DA. Quant au paiement effectué, il est d’une enveloppe de 275.582.834, 58 DA.

Notons enfin que dans le cadre des solutions aux problèmes de retard dans les réalisations d’infrastructures éducatives, Mustapha Bannouh, directeur du logement et des équipements publics de la wilaya (DLEP), a suggéré la hiérarchisation des priorités quant à leur réalisation et la consommation des crédits déjà disponibles. Le secrétaire général de la wilaya a trouvé la suggestion intéressante et a promis de la transmettre à qui de droit pour qu’elle devienne dorénavant une formule exécutoire.