Ecosse: trois semaines après le non, le rêve d’indépendance toujours vivace

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Trois semaines après le non au référendum d’auto-détermination, le rêve d’une Écosse indépendante «n’est pas mort» à Glasgow, fief du oui, où on pense déjà à «repartir au combat».

Les banderoles sont rangées, les affiches à la poubelle et les larmes ont séché. Le 18 septembre, l’Écosse a voté non à l’indépendance, à 55,3%, mais Glasgow a voté oui, à 53,5%. La déception fut grande et la nuit suivante a été chaude et amère, émaillée d’incidents entre camps adverses.

Aujourd’hui, le calme est revenu dans les rues de la plus grande ville d’Écosse, l’hiver approche et le référendum, qui a divisé tant de familles et fâché quelques amis, paraît loin.

Au Coopers, un pub, on fomente déjà la revanche. «J’ai voté oui pour de bonnes raisons et ces raisons sont toujours valables», insiste Roddy Cairns, 26 ans, étudiant en droit et président de l’association nationaliste écossaise de l’Université de Glasgow.

«Nous avons perdu mais cela ne signifie pas que le rêve est mort», ajoute Mhairi Black, 20 ans, étudiant en sciences politiques. «Le résultat du vote m’a brisé le cœur, continue-t-il. Mais une semaine plus tard j’étais prêt à repartir au combat. Tout le monde est survolté, à se dire: c’est quoi la suite ?»

Pour beaucoup de jeunes Écossais, le référendum a été le premier contact avec la politique. A Glasgow ou ailleurs en Écosse, il a agi comme un réveil citoyen et ils sont des milliers à avoir pris ou repris goût à la chose publique.

Le nombre d’adhérents au Parti national écossais (SNP) au pouvoir est ainsi passé de 52.000 à 77.000 depuis le 18 septembre. Les Verts, également pro-indépendantistes, et le Parti socialiste comptent presque trois fois plus de membres qu’avant.

Un groupe comme «Women for Independence» a attiré plus de mille personnes à son dernier meeting le week-end dernier à Perth. Une page Facebook pro-indépendantiste «We are the 45 percent» («Nous sommes les 45%») affiche 170.000 «j’aime».

«Des milliers de personnes se sentent aujourd’hui politisées», souligne Iain, impliqué dans cette campagne sur Facebook.

Même les partis opposés à l’indépendance -conservateurs, travaillistes et libéraux-démocrates- ont pu recruter.

Demander «l’indépendance était le moyen d’obtenir quelque chose», souligne David Buckley, 19 ans, étudiant en microbiologie, «maintenant nous devons exporter la lutte à Westminster, et nous battre pour avoir le plus de pouvoir possible». Pour lui et des millions d’Écossais la lutte ne fait que commencer.

AFP