Les écrivains kabyles boycottent le Prix Assia Djebbar

0

CULTURE (Tamurt) – Contrairement aux versions arabophones et francophones, la version amazighophone du Prix littéraire Assia Djebbar bute sur un sérieux problème. En effet, le nombre de postulants à ce Prix, décerné par le pouvoir algérien aux écrivains, ne cesse de s’amenuiser, constate-t-on d’année en année.

Pour la nouvelle édition-2017 qui a primé l’écrivain kabyle Mustapha Zarouri pour son roman « Dwagui i dasirem-iw », seulement cinq candidats ont déposé leurs manuscrits (en kabyle) contre soixante-douze pour les deux autres versions arabophones et francophone réunies. En effet, les écrivains kabylophones ne se bousculent pas au portillon de ce Prix littéraire qui porte le nom d’Assia Djebbar, qui n’a été reconnue en Algérie qu’après son décès et ce, comme tout le monde pourrait le deviner, dans le but de récupérer sa mémoire. Pourtant, la production romanesque en langue kabyle est foisonnante ces dernières années avec l’émergence de pas mal de nouveaux écrivains en plus de ceux qui ont pignon sur rue depuis longtemps à l’instar de Salem Zenia, Boualem Rabia, Ahmed Nekkar, Amar Mezdad, Aomar Oulamara, Brahim Tazaghart, Tahar Ould Amar… Mais ces derniers ne semblent pas être intéressés par un Prix littéraire très officiel, quand bien même il est doté d’une coquette somme d’argent de pas moins de 100 millions de centimes.

Le fait que la cérémonie de remise du Prix Assia Djebbar soit présidée par le ministre de la Culture et celui de la Communication peut expliquer, en partie, le rejet des écrivains kabyles. Mais il y a aussi un autre élément. Ce sont les critères du choix des œuvres à primer. Il faut que le contenu du roman soit dépourvu de critiques à l’égard du régime politique algérien mais aussi, le livre ne doit avoir un contenu militant et engagé. Il ne faut pas non plus qu’il aborde les pages noires de l’histoire récente de l’Algérie. Les membres du jury préfèrent primer des romans à connotation sociale.

Tahar Khellaf pour Tamurt