EEI d’Azazga : Une commission d’enquête sera mise sur pied et le PDG rendra le tablier avant la fin de l’année en cours

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ECONOMIE (Tamurt) – EEI d’Azazga Une commission d’enquête sera mise sur pied et le PDG rendra le tablier avant la fin de l’année en cours.

Dans l’affaire de l’EEI d’Azazga, les Enfants de Chouhada avaient raison de se montrer tenaces dans leurs revendications, puisqu’ils viennent d’obtenir gain de cause. En effet, les hauts responsables concernés par cette affaire ont retenu le principe de mettre sur pied une commission d’enquête.

Comme son nom l’indique, cette commission devant agir au nom du gouvernement aura pour mission d’éplucher tous les dossiers de l’EEI pour relever toutes les anomalies de gestion. Par ailleurs, selon nos sources, le PDG de l’entreprise, M. Akli Younsi en l’occurrence, rendra, et ce, conformément à la décision de tutelle, le tablier avant la fin de l’année en cours. Probablement au cours du mois de décembre prochain.

L’autre point à inscrire à l’actif des manifestants est l’annulation pure et simple de la sanction ordonnée contre l’un des leurs, à savoir M. Lounès Massout. Celui-ci a pu rejoindre ce matin son poste de travail. Ceci fait partie, avons-nous appris, des premières décisions arrêtées par le Conseil d’Administration tenu la semaine dernière à Alger. Aussi, suite à ces résultats indiscutablement positifs, les Enfants de Chouhada, après deux semaines de piquet ont décidé de rentrer chez eux.

Toutefois, concernant les affaires internes de l’entreprise, ce n’est qu’un épisode du long feuilleton qui vient d’être terminé. Le plus long et, surtout, le plus dur reste à venir. Plus exactement, les enquêteurs auront du pain sur la planche dès lors que le préjudice porté à l’EEI d’Azazga est beaucoup plus important que certains l’ont soupçonné jusqu’à présent. Entre autres irrégularités signalées, notamment en ce qui concerne des contrats douteux, figure la convention médicale signée entre l’EEI d’Azazga et la clinique Slimana de Tizi-Ouzou. Selon des indiscrétions, dans le cadre de cette convention médicale, des femmes se sont fait avorter au niveau de la clinique Slimana. Ce dossier semble causer des sueurs froides à plus d’un et les langues ne se délient pas facilement. Aussi, les enquêteurs qui seront bientôt sur cette affaire auront à répondre surtout aux questions que voici :

– Combien de femmes exactement se seraient faites avorter au niveau de cette clinique ?

– Est-ce que ces femmes sont toutes des employées de l’EEI d’Azazga ?

– Quels sont leurs partenaires sexuels ? Sont-ils tous de la famille de l’EEI d’Azazga ou certains sont-ils des éléments extrérieurs à l’entreprise ?

– Dans quel cadre exactement ces relations sexuelles ont eu lieu ? Est-ce suite au consentement de ces femmes ou ont-elles été forcées à avoir des relations sexuelles ?

– Est-ce que ces femmes ont été payées par l’EEI d’Azazga pour ces services d’ordre charnel ?

– Comment ces opérations d’avortement ont été officiellement enregistrées, aussi bien par la Clinique Slimana que l’EEI d’Azazga ?

– Combien ont été elles facturées ?

Si ces informations venaient à être avérées, l’affaire relèverait dès lors d’un cas extrêmement gravissime. Tout d’abord du côté de la clinique Slimana, d’aucuns n’ignorent que l’avortement en Algérie est réprimé par la loi. Il n’est toléré et permis que dans certains cas exceptionnels. En effet, le médecin traitant peut procéder à l’opération d’avortement que dans le cas où il est question de sauver la mère d’un danger. Dans certains cas, les femmes ne peuvent pas garder le fœtus. Donc, dans ce choix douloureux, on préfère sacrifier le fœtus pour sauver la mère. Toutefois, le médecin devant s’occuper de cette opération ou tout simplement l’institution hospitalière ayant pris en charge la patiente est tenue d’informer les autorités administratives et judiciaires.

En clair, la transparence et la légalité doivent être de rigueur. Cela ne semble pas être le cas dansle cas que nous traitons. Une convention médicale entre une entreprise quelconque et une structure sanitaire, publique ou privée, doit exclusivement porter sur des cas de maladies ayant un lien direct avec l’activité professionnelle de l’ouvrier au sein de l’entreprise l’employant. Et par conséquent, la relation sexuelle, acte pouvant conduire une femme à se retrouver enceinte, ne peut nullement figurer à un quelconque article figurant sur la convention en question.

Et jusqu’à preuve du contraire, l’EEI d’Azazga n’est pas un studio pornographique où quelqu’un puisse prétendre que son activité professionnelle est à l’origine de quelque maladie sexuelle ou dans lequel une femme puisse prétendre tout bonnement à un droit d’avortement. Cependant, au-delà de ces assertions que personne n’a le droit de prendre pour vraies tant que l’enquête n’est pas encore déclenchée et, surtout, finalisée, il y a lieu de s’interroger comment l’EEI d’Azaga aurait pu couvrir ces opérations d’avortements. Aurait-on changé d’intitulé à l’opération médicale pour justifier les frais médicaux auprès de la clinique concernée par le contrat ? Ou tout simplement, ces opérations d’avortements n’ont été identifiées sous aucune indication maladive ? Dans ce cas, le règlement de la facture aurait été fait en espèces et l’argent en question aurait été puisé dans la caisse noire.

Mystère… Quoi qu’il en soit, cette convention médicale entre l’EEI d’Azazga et la clinique Slimana de Tizi-Ouzou ne doit représenter qu’une goutte dans l’océan. Car le préjudice financier et moral causé à cette entreprise étatique semble être très important. Une chose est sûre cependant : l’avenir nous éclairera sur ce qui semble être aujourd’hui une zone d’ombre.