El Hadi Ould Ali : Du MCB au festival du film arabe

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ALGÉRIE (Tamurt) – El Hadi Ould Ali, ministre de la Jeunesse et des Sports, a présidé dans la soirée de lundi à mardi dernier, à Oran,  la cérémonie de clôture du festival international du film arabe.

Ce dernier est pourtant organisé par le ministère de la Culture. Mais l’opportunisme d’El Hadi Ould Ali, n’ayant aucune limite, et  le gouvernement n’a pas trouvé mieux que lui pour présider la dite cérémonie. La dixième édition du festival du film arabe d’Oran a pourtant été un échec à tous points de vue. Les films, de piètre qualité, ont été projeté dans des salles vides où il n’y avait même pas les membres du jury. C’est à cause d’ailleurs de cet échec de Azeddine Mihoubi, le ministre de la culture a refusé de se rendre à Oran pour présider la cérémonie préférant envoyer quelqu’un qui n’a pas froid aux yeux même quand il s’agit d’une activité qui s’inscrit aux antipodes de ses « convictions » d’il y a une vingtaine d’années. Tous les kabyles se souviennent que dans les années quatre-vingt dix, El Hadi Ould Ali a été placé par Saïd Sadi, président du Mouvement Culturel Berbère, après le coup d’état de l’ex-président du RCD contre Ferhat Mehenni, au cours de l’année de la grève du cartable. A l’époque, les responsables du RCD n’avaient pas trouvé anormal que Saïd Sadi désigne quelqu’un comme El Hadi Ould Ali, sans diplôme et sans aucun parcours ni professionnel ni militant, à la tête du MCB.

C’est sans doute là l’une des étapes de grande trahison qui caractérise le parti du RCD lequel, en 1999, avait soutenu Bouteflika avant qu’une guerre de clans, en 2001, ne pousse Saïd Sadi et ses lieutenants à faire de nouveau de Bouteflika un ennemi. Mais c’était une fois que El Hadi Ould Ali avait été récupéré par Saïd Bouteflika, le frère du Président. Depuis, El Hadi Ould Ali, qui faisait mine de défendre l’identité amazighe, ne sait plus sur quel pied danser. Le fait qu’il préside la cérémonie de clôture du festival du film arabe montre à quel point un kabyle de service peut aller si loin dans le reniement et la trahison.

Tahar Khellaf