El Magharibia et la régence d’Alger, une alliance meurtrière

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Chronique Tamuɣli n Da Amar (Tamurt) : Les agitateurs de la chaîne de télévision qatarie que dirige « Oussama », fils d’Abassi Madani, un des responsables du massacre de 250 000 innocents, El Magharibia, ont oublié en ce 20 avril 2016, le méchant pouvoir algérien, supposément ennemi juré, pour verser leur fiel contre la Kabylie et ses représentants légitimes.

Effrayés par l’éveil de la nation kabyle et les vagues immenses de manifestants qui ont déferlé dans les rues de Montréal, Paris, Bougie, Tizi-Wezzu et Tuβirett, pour réclamer pacifiquement l’indépendance du pays kabyle, les prédicateurs xénophobes, déguisés en journalistes, de cette chaîne ont essayé de dresser un guet-apens médiatique contre Mass Ferhat Mehenni président du Gouvernement provisoire kabyle (GPK). Avec cet acte abject, les charlatans d’El Magharibia espéraient certainement faire le buzz, non pas en débattant avec déontologie le projet des souverainistes kabyles, mais en massacrant médiatiquement un autre fils prodige de la Kabylie.

Ces énergumènes du journalisme qui vivent on welfare, grâce à la générosité des « kouffars » à Londres, siège de la sérieuse BBC, ont déjà oublié que les Écossais et les Catalans, qui jouissent déjà d’une quasi indépendance, se sont prononcés récemment, en toute liberté, sur l’avenir de leurs régions respectives.

Un certain fanfaron, qui sans honte ni vergogne, se réclamant dans un français approximatif de l’esprit de Voltaire, s’est porté volontaire pour mener cette opération. Il va sans dire que Mass Ferhat Mehenni est resté noble et pédagogue tout au long de l’entrevue, malgré les agissements infantiles du larbin des Qataris. Il n’en est pas seulement sorti indemne de cette embuscade médiatique, mais glorieux et persuasif.

Confondant, malheureusement, le noble métier de journaliste et la malhonnêteté intellectuelle, le valet des Qataris a d’abord essayé de discréditer Mass Asselway en le présentant comme chanteur, imitant inconsciemment ses acolytes d’Echourouk et d’Ennahar. Cet imposteur, qui ne comprendra jamais la profondeur de la poésie de Mass Ferhat Mehenni et l’importance que vouent les kabyles au verbe, s’est royalement trompé de desseins. Mass Ferhat, auteur de plusieurs livres de référence en géopolitique, que cet ignare n’a pas jugé utile de lire, n’est pas un chanteur de cabarets tels que Cheb Khaled ou Medjda Roumi. Mass Ferhat ainsi que d’autres poètes kabyles comme Slimane Azem, Yidir et Matoub Lwenes, sont les dignes héritiers de Cheikh Mohand Ulhocine et Si Muhand Umhand, des éveilleurs de consciences et des semeurs d’espoir.

Se réclamer de Voltaire, auteur d’une œuvre poétique colossale de 250 000 vers et dénigrer la poésie quelques secondes plus tard, parce qu’un Kabyle en est l’auteur, est caractéristique de cette puanteur très répandue chez les Algériens, qui s’appelle le racisme et l’anti-kabylisme.

L’employé d’Oussama, qui cherche probablement à attirer l’attention de ses maîtres bédouins comme l’avait fait récemment sa consœur Khadîdja Bengunna en brayant l’arabité du Maroc de Doha, ne s’est pas contenté d’interrompre à maintes reprises Mass Asselway. Il a, en outre, utilisé un langage d’une bassesse inouïe : « vous êtes en train de réécrire l’Histoire à votre sauce », refusant du même coup d’entendre parler des drames vécus par la Kabylie depuis son occupation par la France en 1857.

Le diplômé de la Sorbonne…de Barbès, avide de scoop et de célébrité, a également omis de faire ses devoirs et de préparer son sujet comme il se doit. Il a choisi de se ridiculiser en se livrant durant toute l’interview, comme un élève d’une medersa de Tora Bora, à un récital d’approximations et à des sottises sans bornes. En voici quelques-unes :

  • Mass Ferhat, est très contesté (Par qui? Peut-être par les Kabyles de service et les Bachaghas locaux!);
  • Vous êtes président du mouvement …. le MAK (Depuis 2011 Mass Bouaziz Ait-Chebib est président du MAK.);
  • Votre style est très difficile, je n’arrive pas à comprendre. (Wow pour un bardé de diplômes! Pourtant, tout était limpide pour le commun des kabyles.);
  • Vous n’êtes pas historien… (Comme si les hommes politiques n’ont pas le droit de parler d’Histoire.);
  • Les deux chambres de l’APN… (Confondant APN et Parlement, constitué de chambre basse APN et de chambre haute Sénat, qui sont plutôt deux chambres d’enregistrement dans le cas algérien.);
  • Les Kabyles sont des Algériens… (Alors, pourquoi dites-vous Bled Kbayel?) ou encore, les Algériens sont Berbères (Soit, mais pourquoi l’État algérien est membre de la ligue arabe?);
  • Le FFS et le RCD sont devenus comme par magie très fréquentables et ont pignon sur rue (Alors, pourquoi n’avez-vous jamais voté pour eux ?);
  • La machine répressive du pouvoir ne s’abat jamais sur le MAK… (Ridicule et raciste. A-t-il visionné les vidéos de la marche du MAK en 2014 ? Quid des arrestations arbitraires de ses militants depuis des années?);
  • La Suède et la Norvège qui dénoncent l’attitude d’Israël vis-à-vis des colonies palestiniennes!

Pour que les choses soient limpidement claires, deux mises au point méritent d’être rappelées à El Magharibia :

La première a trait au débat sur l’avenir de la Kabylie. La question de l’autodétermination de la Kabylie, que soulève le MAK, concerne exclusivement le peuple kabyle. On ne permettra en aucun cas à un intrus ou missionnaire, de s’immiscer dans un débat qui ne le concerne point. Les propagandistes d’El Magharibia feront mieux de consacrer leurs efforts à trouver des solutions aux drames que vivent leurs frères au Yémen, en Irak et en Syrie. La société kabyle a acquis les instruments qui lui permettront, comme l’ont fait les Catalans, les Kurdes, les Écossais et les Québécois, de débattre dans le calme et la sérénité des questions liées à son avenir. Les marches du 20 avril 2016, qui se sont déroulées dans une ambiance de solidarité et defraternité exemplaires, nonobstant des divergences des points de vue, témoignent une fois de plus de la maturité des Kabyles. La rue kabyle a grandement salué d’ailleurs, la gifle donnée à ces hurluberlus par Mass Bouaziz Ait-Chebib, président du MAK, en déclinant leur « invitation »!

La seconde mise au point, et non des moindres, concerne cette maladie incurable des Algériens qui s’appelle l’antisémitisme nauséabond. Au lieu de se faire soigner, ils veulent nous entraîner de force dans leur précipice de haine. Nous le disons sans ambages, le peuple israélien, plusieurs fois millénaires au Moyen-Orient, a le droit de vivre en paix et en sécurité comme tous les peuples du monde. Les kabyles, contrairement à la propagande de certains milieux, souhaitent également que les enfants palestiniens vivent en paix dans un État souverain au lieu de se faire exploser dans des bus israéliens. Mass Ferhat Mehenni est parti en Israël en homme libre (amazigh). Il l’a fait sans aucun complexe et il n’a de comptes à rendre à personne, surtout pas aux larbins des bédouins.

Al magharibia1

La dignité amazighe dont se réclame tardivement et tactiquement l’animateur d’El Magharibia, exige qu’avant de demander à Mass Ferhat Mehenni le pourquoi du comment de sa visite en Israël, de se renseigner au préalable sur les liens qu’entretiennent ceux qui signent his pay cheque (les Qataris) et les autres pays arabes avec Israël. Croire que le peuple kabyle est un « sous-peuple » que vous allez diriger et orienter à votre guise est complètement symptomatique.

En somme, le passage du président du GPK sur la chaîne d’Oussama et la couverture « Pravda-nique » de la presse d’Alger de la marche du 20 avril de cette année, a rappelé à tous les Kabyles que les Islamistes et les régents d’Alger, prétendument antagonistes, peuvent, quand il le faut, enterrer la hache de guerre et conclure une alliance. Une alliance meurtrière, pour anéantir un ennemi commun, le peuple kabyle.

 Amar At-Ali-Usliman

Preuves de l’hypocrisie arabe : Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais !

 

Ehud Barak et Bouteflika
Ehud Barak et Bouteflika