El Watan et son chroniqueur

5
Billet de Amari Chawki

CONTRIBUTION (Tamurt) – Tiens, tiens, selon un chroniqueur d’El Watan, les Kabyles ne sont pas des citoyens de second degré dans ce territoire communément appelé Algérie. À la différence des Palestiniens, d’après ce taré, la cause des Kabyles est discutable, voire injuste. Ces derniers jouissent de tous leurs droits culturels, religieux et économiques… Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Le quotidien francophone El Watan, porte-voix de « l’intelligentsia » de la police politique algérienne, vient de cracher son fiel, toute honte bue, sur le peuple kabyle. Son chroniqueur fétiche a finalement révélé son vrai visage. Sans surprise et comme ses confrères de l’ENTV, d’Ennahar et d’Echourouk, il n’est rien d’autre qu’un Abou Djahel du journalisme. Un névrosé, un complexé souffrant d’une haine de soi, un raciste, un valet parmi tant d’autres du système mafieux de Beni Koreiche.

Plutôt que de s’insurger contre la gestion catastrophique de ce territoire créé de toutes pièces par la France, contre la lapidation de plus de 1 000 milliards de dollars et contre le train de vie extravaguant des enfants d’Amar Saidani, d’Abdeslam Bouchouareb et des autres barrons du régime pourri d’Alger dans les quartiers huppés parisiens, Abou Djahel s’est attaqué comme une hyène, une bête immonde au peuple kabyle, coupable à ses yeux d’être lui même et de vouloir exercer son droit à l’autodétermination.

À ce plumitif et ses parrains de Beni Koreiche, nous disons que, nous, jeunes kabyles, sommes tout bonnement fiers de qui nous sommes. Contrairement à la naïveté de nos parents, on ne servira plus de chair à canon pour Bakhta ou Houari. On ne s’occupera plus de la démocratie à Blida, ni de l’avenir des chameaux au pôle nord. Notre seule et unique préoccupation est d’extraire le pays kabyle des griffes de Beni Koreiche, pour qui il n’est, qu’un vil larbin. Notre génération est allergique à tout ce qui émane du régime de ses maîtres : son HCA, sa TV4, sa graphie arabe, sa soi-disant académie Taiwan et désormais son journal El Wantan et son chroniqueur de service. Notre génération et celle des lycéens d’aujourd’hui, ne quémanderont plus Tamazight pour toute l’Algérie, terre arabe et musulmane et membre à part entière de la ligue arabe. Obliger des Oranais et des Constantinois à étudier une langue qu’ils haïssent viscéralement, relève pour ma génération, à l’inverse de celle de nos parents, de l’idiotie.  Pour nous jeunes kabyles,Tamazight n’est qu’une famille de langues, une racine. Notre langue naturelle est Taqbaylit, la langue kabyle et notre pays est la Kabylie. Oui nous sommes Kabyles et sans chauvinisme aucun, sommes fiers de l’être. Heureux et sereins, nous vivons dans ce mont du Djurdjura, dans cette forêt d’Akfadou et sur ces côtes de Tichy et d’Azoufoun. Nous somme fiers de cet axe Tizi-Bougie, dont l’administration de Beni Koreiche et ses journaleux altèrent la toponymie, en colonisateurs avérés, en l’appelant Bejaïa.

Nous savons que les parrains de la presse, comme leurs homologues en Égypte, au Maroc, en Arabie-Saoudite et au Qatar, n’ont rien à cirer des Palestiniens. Ils s’en servent juste comme ils usent et abusent de la religion et du football pour doper leurs plèbes. Une sorte d’anesthésiant, d’opium afin de les détourner d’un quotidien amer causé par le détournement de milliards de dollars. Nous savons ces journalistes et leurs progénitures n’ont rien à cirer également de Jérusalem, ni de la Cisjordanie, ni moins de Gaza. Leurs capitales, à eux, sont Londres, Paris et New-York où ils se prêtent à passer noël et réveillon avec faste.

La solidarité et la quête de justice à deux sous n’ont ni tête ni queue. À le lire, il y a uniquement la « cause palestinienne » qui est juste. Les Kabyles, les Kurdes, les Catalans, les Corses, les Tamouls ne sont pas assez « humains » pour être eux-mêmes. Il faut les civiliser, les « débrobroriser », les dompter, pour pouvoir les doper par ses causes justes. Un paternalisme hautain, un racisme nauséabond, primaire et primitif.

Amayas B.