Elections législatives 2012 : Faible campagne électorale

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KABYLIE (Tamurt) – En effet, de tous ceux qui ont occupé l’espace de la maison de la culture aucun n’a réussi à apporter des connaissances pour le public, encore moins à le convaincre à jeter le bulletin dans l’urne. Même s’il n’est que vrai que le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) est le premier responsable dans le choix de l’électeur kabyle à « refuser » l’urne – la bouderie de l’urne par l’électeur kabyle relève effectivement d’un choix éminemment politique et cela est dû à son adhésion totale à la politique du MAK – il n’en demeure pas moins cependant que ces partants de la « tombola » de 30 millions par mois et durant un laps de temps de 05 ans n’ont pas brillé dans leurs discours.

Tous les intervenants n’ont au fait que prononcer des mots logomachiques, voire amphigouriques. Tous, à l’exception de M. Ahmed Ouyahia, ont déclaré qu’ « il faut opérer un changement du système » et pas un n’a défini ou expliqué la manière dont il compte opérer pour réussir ce « changement ». Par ailleurs, la cohérence était totalement absente dans leurs discours respectifs. Idem concernant l’outil de leurs communications, c’est-à-dire la langue.

Il se trouve cependant qu’aussi bien les arabophones que les kabylophones ne maîtrisaient pas la langue de Molière. Même si certains premiers responsables de partis se sont présentés comme étant des universitaires, et, vu l’âge assez avancé de certains, -on pouvait les soupçonner d’avoir fait la bonne vieille école – ils se sont montré hélas, très limités dans la connaissance de la langue française. Grande tare pour un Algérien convoitant le poste de député. Pour des raisons historiques que l’on sait, la langue française est très ancrée dans la société algérienne d’où son utilisation dans le fonctionnement des institutions de la république. Et par conséquent, un citoyen qui ne la maîtrise pas est à considérer comme un analphabète ; ou du moins, inapte à assumer des responsabilités au sein d’un appareil de l’Etat. Que peut-on dire alors de la maîtrise politique ? C’est ce qui explique la faiblesse de « ces crieurs à la participation électorale ».

En Algérie, il se trouve que les hommes politiques remplissant ces critères ne sont pas « en veux-tu en voilà ». Dans le glossaire de ces avis compétents, seuls quelques noms de réels politiques sont cités. Il s’agit entre autres de Ferhat M’henni, Saïd Sadi, Hocine Aït-Ahmed.

Pour un pays qui se targue d’avoir une quarantaine de partis politiques, il y a vraiment disette en matière de « grands hommes politiques ». ( Nos lecteurs doivent savoir que cette sélection de « réelles compétences politiques » est faite dans un cadre d’une neutralité indiscutable. Autrement dit, le « jugement » est rendu non à partir d’une appartenance à un courant idéologique mais d’une analyse à partir d’un long suivi du parcours politique des uns et des autres.

Au regard d’un tel constat, il ne faut pas s’étonner si à la place d’un réel discours politique, il y a surtout de la parlotte, et ce, en rapport naturellement avec cette course à l’hémicycle Zirout Youcef.

Toutefois, ni le RND de M. Ouyahia, ni le MPA de M. Benyounès ne récolteront « légalement » des voix en Kabylie. MM. Ouyahia et Benyounès le savent fort bien. Tant que le référendum sur l’autonomie de la Kabylie n’est pas décidé, celle-ci « fera la miction » sur l’urne.

Saïd Tissegouine

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